Bruxelles interdit la fusion Siemens-Alstom, au grand dam de la France

MARIAGE Margrethe Vestager s’était inquiétée à maintes reprises des effets du rapprochement Siemens/Alstom…

20 Minutes avec AFP

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Un train à hydrogène produit par Alstom, à Leipzig en Allemagne.
Un train à hydrogène produit par Alstom, à Leipzig en Allemagne. — AFP

C’était une défaite annoncée pour l’Etat français. Bruxelles a interdit ce mercredi la fusion entre le français Alstom et l’allemand Siemens au grand dam de Paris et Berlin, fervents partisans de la création d’un champion européen du ferroviaire pour faire face à la concurrence chinoise.

« La Commission a interdit la concentration parce que les entreprises n’étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés », a déclaré Margrethe Vestager, Commissaire chargée de la Concurrence, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Hausse des prix de systèmes de sécurité

« En l’absence de mesures compensatoires suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse », a ajouté la Danoise.

Une décision « complètement à côté de la plaque », pour Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie. Grillant la politesse à l’exécutif européen, le ministre français des Finances Bruno le Maire a confirmé ce mercredi ce que tout le monde supputait. « Je crois que les jeux sont faits », a affirmé le ministre sur la chaîne de télévision France 2, parlant d’une « erreur économique » qui « va servir les intérêts » de la Chine.

Trois vetos dans l’histoire

« Protéger les intérêts des clients localement ne signifie pas se priver d’être sur un pied d’égalité avec des pays leaders comme la Chine et les Etats-Unis », a déclaré Joe Kaeser, le patron de Siemens. Il estime que « les élections européennes à venir constituent une opportunité unique de bâtir l’Europe du futur, y compris dans le champ de la politique industrielle ».

Margrethe Vestager s’était inquiétée à maintes reprises des effets du rapprochement Siemens/Alstom. Selon elle, il réduirait le nombre d’industriels rivaux dans l’Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs.

La Commission européenne, qui dispose depuis 1989 d’un droit de veto sur les grands projets de fusion, n’en a pas souvent fait usage. En près de trente ans, plus de 6.000 fusions ont été approuvées et moins d’une trentaine ont été bloquées. Depuis le début de son mandat, fin 2014, Margrethe Vestager n’avait interdit que trois rapprochements, jusqu’à ce jour.