Eolien en mer : General Electric envisage des dizaines de suppressions de postes, notamment à Nantes

EMPLOI La principale raison de cette décision réside dans le retard des projets de parcs éoliens en mer français

J.U. avec AFP

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Photo d'archives prise le 27 août 2008 du parc éolien de Scroby Sands en mer du nord, au large du Royaume-Uni.
Photo d'archives prise le 27 août 2008 du parc éolien de Scroby Sands en mer du nord, au large du Royaume-Uni. — SHAUN CURRY / AFP
  • Sur son site de Nantes, GE Wind France conçoit des éoliennes dont l'usine de fabrication est située à Saint-Nazaire.
  • Au total, 80 postes sur les 246 du site seraient concernés.

Plusieurs dizaines. C’est le nombre de postes que General Electric envisagerait de supprimer dans sa division éolien en mer en France, essentiellement basée à Nantes. Principale raison : le retard des projets de parcs éoliens en mer français.

GE Renewable Energy, branche du groupe américain dédiée aux énergies renouvelables, a ouvert des « discussions » avec les représentants du personnel de son entité éolien en mer France (GE Wind France SAS) « sur la faisabilité d’un accord de rupture conventionnelle collective », a indiqué le groupe. Sur son site de Nantes, GE Wind France conçoit des éoliennes dont l’usine de fabrication est située à Saint-Nazaire.

Des recours autour des projets

Au total, 80 postes sur les 246 du site nantais seraient concernés, a précisé un membre du Comité social et économique (CSE) de GE Wind France, des chiffres que la direction n’a pas souhaité confirmer. La direction a présenté vendredi au CSE « le projet de plan qu’ils souhaitaient nous voir appliquer et qu’ils souhaitaient nous voir valider dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté.

GE justifie le lancement de ces discussions par le « retard de notification de commande pour les projets éoliens français en mer ». En rachetant la branche énergie d'Alstom en 2015, GE a en effet récupéré les contrats qu’avait remportés le groupe français pour fournir des éoliennes pour les projets développés par EDF à Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Certains font l’objet d’une bataille judiciaire.

D’autres entités concernées

Le groupe américain précise aussi que « GE Renewable Energy procède actuellement à une analyse de ses activités pour s’assurer que sa division Offshore Wind est la mieux placée pour répondre aux besoins du marché et permettre son succès à long terme ».

Mi-janvier, GE a aussi ouvert des négociations pour réduire ses effectifs au sein d’autres entités françaises. Selon des sources syndicales, 470 postes seraient concernés, toujours via le dispositif de rupture conventionnelle collective, instauré par les ordonnances Macron de septembre 2017.

En rachetant la branche énergie d’Alstom, GE s’était engagé à créer un millier d’emplois nets en France, mais a renoncé en juin dernier à cette promesse. Mardi, le ministère de l’Economie a annoncé que le groupe devrait verser 50 millions d’euros de pénalités pour financer un fonds de réindustrialisation.