Le mariage Alstom-Siemens empêché par l'Union européenne?

OPPOSITION C'est en tout cas ce qu'avance le gouvernement français

G. N. avec AFP

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L'usine Alstom à Belfort (image d'illustration).
L'usine Alstom à Belfort (image d'illustration). — SEBASTIEN BOZON / AFP

La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, « devrait recommander mercredi une décision négative » sur le projet de fusion entre le français Alstom et l'allemand Siemens, a reconnu ce mardi une source gouvernementale française. « Selon les informations dont nous disposons, à moins que le collège des commissaires ne décide de prendre une décision différente, la commissaire à la Concurrence devrait recommander une décision négative » sur la fusion des deux constructeurs ferroviaires, a affirmé la source.

« Cette décision est symptomatique d’une certaine idéologie de la Commission qui va à l’encontre des intérêts européens », a-t-elle affirmé, regrettant une interprétation des règles « extrêmement stricte » de la part de Bruxelles. « De notre point de vue, il nous semble que cette décision est grave, car elle va à l’encontre des enjeux industriels et de la compétitivité de l’Europe », a ajouté la source.

« Un cadeau à la Chine »

Selon elle, ce refus de Bruxelles constitue « un cadeau à la Chine qui voit s’ouvrir le marché européen, alors qu’elle se protège avec des subventions élevées » et que son marché est « aujourd’hui extrêmement fermé ». Plusieurs sources ont indiqué à l’AFP que la Commission européenne s’apprêtait à interdire mercredi la fusion des deux groupes.

Margrethe Vestager a exprimé à maintes reprises par le passé ses doutes sur la fusion, annoncée en grande pompe en septembre 2017. Chargée de veiller à ce que l’union annoncée entre Alstom et les activités ferroviaires de Siemens en Europe n’écrase pas les plus petits groupes ou ne menace les prix, Margrethe Vestager s’inquiète de la position dominante que le nouvel ensemble aurait dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.