Emploi, transports, hackathon et argent... Le projet qui doit assurer l'après-Fessenheim

ECONOMIE Le «projet de territoire», qui doit accompagner la reconversion économique de Fessenheim après la fermeture de la centrale nucléaire, a été signé ce vendredi

A.I. avec AFP

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Alsace: Centrale nucléaire de Fessenheim (Archives)
Alsace: Centrale nucléaire de Fessenheim (Archives) — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Ce vendredi en Alsace a été signé le « projet de territoire », qui doit accompagner la reconversion économique de Fessenheim après la fermeture de la centrale nucléaire, prévue à l'été 2020.
  • Pour garantir l'avenir du territoire, l'Etat et ses partenaires se sont engagés sur l'emploi, la desserte du site et la transition écologique. 
  • Le maire de Fessenheim a refusé de signer le projet: « Ce projet n’est pas à la hauteur de nos attentes. Financièrement, à part le fonds d’amorçage (…) il n’y a rien de bien concret. »

Si des comités de pilotage se sont réunis depuis un an pour travailler sur l’après-Fessenheim, c’est ce vendredi en Alsace qu’a été signé le « projet de territoire », qui doit accompagner la reconversion économique de ce secteur haut-rhinois après la fermeture de la centrale nucléaire. Avec au programme du projet :

La création d’emploi

L’objectif est de créer au moins autant de nouveaux emplois que ceux perdus avec la fermeture de la centrale (850 salariés d’EDF et environ 350 salariés permanents d’entreprises prestataires) grâce entre autres à l’aménagement de zones d’activités telles que EcoRhena qui accueillera des activités industrielles, portuaires et fluviales. Vendredi a aussi été signée une convention sur la création d’une cellule d’accompagnement personnalisé des salariés pour permettre d’anticiper leur reconversion professionnelle.

L’amélioration de la desserte

Le projet veut fluidifier les déplacements autour de Fessenheim, au sein en fait d’un triangle Colmar-Mulhouse-Fribourg, grâce au développement et la rénovation des infrastructures de transport. Dont la réouverture d’une ligne ferrée entre Colmar et Fribourg (Allemagne). L’ambition : ériger ce territoire en vitrine des transports de demain.

La transition écologique et l’innovation

Le but est la création d’un territoire bas-carbone et la mise en œuvre d’un démantèlement exemplaire de la centrale nucléaire, autour d’un technocentre. Avec la région Grand Est, l’Etat envisage d’en faire la référence européenne dans la décarbonation des territoires et des industries. Un hackathon se tiendra ainsi le 16 mars pour imaginer de nouveaux projets, concrets et opérationnels au plus proche du territoire. Par ailleurs, un appel d’offres pour développer le solaire sur site a déjà été lancé.

Le document a notamment été paraphé par le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy, sa secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon, ainsi que par leurs partenaires allemands et des représentants des collectivités locales. A contrario, la signature du maire de Fessenheim Claude Brender (sans étiquette) n’apparaît pas. « Ce projet n’est pas à la hauteur de nos attentes. Financièrement, à part le fonds d’amorçage (…) il n’y a rien de bien concret. Il y a des études, des choses programmées. Mais on reste dans l’intention et on n’a pas d’engagement sur la pérennité de l’accompagnement », a-t-il estimé.

Le calendrier de la fermeture

« L’Etat apporte 20 millions d’euros pour porter une trentaine de projets, en plus d’un fonds d’amorçage de 10 millions d’euros », a indiqué Emmanuelle Wargon. Le président d’EDF, Bernard Lévy, a par ailleurs annoncé que l’entreprise va consacrer 13 millions d’euros au projet de territoire. Rest que le « projet de territoire » ne satisfait pas tout le monde. Le député du Haut-Rhin Raphaël Schellengerger (Les Républicains) l'a qualifié de « farce ».

L’arrêt de la production d’électricité a été précisé : « La centrale de Fessenheim s’arrêtera en deux temps. Un réacteur fermera en mars 2020 et le deuxième, normalement, en août 2020 », a confirmé François de Rugy.