VIDEO. Nouvelles turbulences pour le programme A380, le super-jumbo d'Airbus

AERONAUTIQUE La compagnie Emirates, principal client du programme A380, serait en passe de convertir sa dernière commande en A350. Un changement de trajectoire qui mettrait un coup d'arrêt au programme

B.C.

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Un A380 de la compagnie Emirates.
Un A380 de la compagnie Emirates. — Airbus
  • La compagnie Emirates pourrait transformer sa dernière commande d’A380 en A350.
  • Ce revirement pourrait accélérer la fin du programme A380.
  • Depuis son premier vol commercial en octobre 2007, le super-jumbo a connu de nombreux déboires et les commandes sont loin d’être au rendez-vous.

En janvier 2018, la compagnie Emirates s'engageait auprès d'Airbus à lui acheter 20 A380, assortis d’une option pour 16 supplémentaires. Une commande évaluée à 16 milliards de dollars et qui permettait d’obtenir un sursis pour ce programme dont le crash était quasi assuré dans cet engagement.

Mais l’avenir semble à nouveau s’obscurcir pour le superjumbo, dont le premier vol commercial a eu lieu il y a tout juste onze ans. Selon une information de Bloomberg, la compagnie du Golfe pourrait convertir une partie, voire la totalité de sa commande de l’an dernier en A350.

Ce changement de cap d’Emirates serait la conséquence de négociations difficiles entre le motoriste Rolls-Royce et la compagnie qui ne trouveraient pas de terrain d’entente.

Pour l’heure, Airbus a simplement indiqué dans un communiqué que des discussions étaient en cours avec la compagnie basée à Dubaï et que la teneur de celles-ci était confidentielle.

Seulement 87 appareils commandés en stock

Si ce revirement venait à se confirmer, cela mettrait à mal l’ensemble du programme de l’avionneur européen. Sur les 87 A380 qui figurent encore au carnet de commandes d’Airbus, 53 sont destinés à Emirates.

Airbus se retrouverait alors dans une situation similaire à celle de l’an dernier. A l’époque, juste avant la commande salvatrice de la compagnie du Golfe, John Leahy, alors directeur commercial d’Airbus, avait indiqué que sans nouvelles ventes, l’avionneur européen n’aurait « pas d’autre choix que d’arrêter le programme ».

Un seul exemplaire par mois fabriqué l’an dernier

Entre-temps Virgin Atlantic a annulé en mars dernier sa commande de six très gros porteurs d’Airbus qu’elle avait passée en 2001.

De quoi assombrir encore plus l’avenir du super-jumbo dont la production a été réduite à un exemplaire par mois l’an dernier. Cette année, seulement huit appareils devraient sortir de l’usine d’assemblage de Toulouse, ce qui permet de prolonger la durée de vie du programme.

A la fin de l’année 2018, l’avionneur avait livré 234 A380. On est très loin du chiffre de 1.200 appareils sur lequel tablait Airbus à son lancement.