La croissance française est tombée à 1,5% en 2018

ACTIVITE Si le résultat est conforme aux dernières prévisions de l’Insee, il est inférieur à l’objectif du gouvernement, qui tablait sur 1,7 % de croissance... 

20 Minutes avec AFP

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L'Insee optimiste pour la croissance d'ici mi-2017
L'Insee optimiste pour la croissance d'ici mi-2017 — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

La croissance économique française a nettement ralenti en 2018, plombée par l’essoufflement de l’activité mondiale et une faible consommation, notamment au quatrième trimestre marqué par les nombreux blocages des « gilets jaunes ».

Selon une première estimation publiée mercredi par l’Insee, la hausse du produit intérieur brut (PIB) a plafonné à 1,5 % sur l’ensemble de l’année écoulée, loin des 2,3 % (en données corrigées des jours ouvrés) atteints en 2017. Si le résultat est conforme aux dernières prévisions de l’Insee, il est inférieur à l’objectif du gouvernement, qui tablait sur 1,7 % de croissance après avoir initialement envisagé une progression de 2 %.

« La croissance française est solide » affirme Bruno Le Maire

Sur le seul quatrième trimestre, l’activité s’est révélée légèrement plus dynamique que prévu, avec une hausse du PIB de 0,3 %. Mais ce résultat s’est révélé insuffisant pour gonfler le chiffre de croissance annuelle. « Malgré la dégradation de l’environnement international et le mouvement des "gilets jaunes", la croissance française est solide. Notre politique donne des résultats », a réagi sur Twitter le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Initialement, l’Insee avait prévu un rebond de l’activité à 0,4 % entre octobre et décembre, en raison notamment des gains de pouvoir d’achat issus de la baisse de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages. Mais le climat d’incertitude lié au mouvement des « gilets jaunes » avait ensuite poussé l’organisme public à diviser par deux sa prévision pour tenir compte de l’impact des manifestations sur la consommation.

La consommation en berne

Selon l’Insee, les dépenses des ménages ont de fait fortement ralenti entre octobre et décembre, affichant une croissance nulle contre 0,4 % au 3e trimestre. Sur l’ensemble de l’année, la consommation a augmenté de 0,8 % seulement, après +1,1 % en 2017.

L’investissement des entreprises a lui aussi ralenti (+2,9 % après +4,7 %), en raison notamment de la baisse des achats de voitures par les entreprises, tandis que l’investissement des ménages a poursuivi son repli (-0,4 % après -0,1 %). La production, dans ce contexte, s’est révélée moins dynamique (+2 % contre +2,6 % en 2017).

Les importations s’essoufflent

D’après l’Insee, le ralentissement a été particulièrement marqué dans la construction (+1,1 % après +3,5 %) et l’industrie manufacturière (+0,8 % après +2,4 %). En moyenne annuelle, les exportations se sont elles aussi essoufflées (+3,1 % après +4,7 %), malgré un rebond notable au quatrième trimestre (+2,4 % après +0,2 %), lié au dynamisme des livraisons de matériel aéronautique et naval.

Le ralentissement des exportations ayant été moins marqué que celui des importations (+1,1 % après +4,1 %), les échanges extérieurs, talon d’Achille de l’économie française, ont malgré tout davantage contribué à l’activité (+0,6 point de croissance, contre +0,1 point en 2017).