Qui va voir son pouvoir d’achat augmenter en 2019? Beaucoup de monde, selon l’OFCE

CALCUL Il y aura quand même des perdants parmi les moins aisés…

Nicolas Raffin

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Des «gilets jaunes» manifestent à Paris le 26 janvier 2019.
Des «gilets jaunes» manifestent à Paris le 26 janvier 2019. — Tristan Reynaud/SIPA
  • Les « mesures d’urgence » annoncées par le gouvernement en décembre vont surtout bénéficier aux classes moyennes, selon l’OFCE.
  • Le gain moyen sera d’environ 440 euros par ménage.
  • Certains ménages pauvres mais aussi les retraités seront en revanche pénalisés.

C’est un effet positif de la crise des « gilets jaunes ». D’après l’OFCE, un organisme indépendant de recherche, les mesures socio-fiscales annoncées en urgence par le gouvernement en décembre vont conduire en 2019 à une hausse sensible du pouvoir d’achat* pour la plupart des ménages. « Selon nos calculs, ces mesures représentent un gain moyen de 440 euros par ménage », expliquent les auteurs dans leur note publiée mardi.

Toute une série de réformes vont faire effet dans les prochains mois : la défiscalisation des heures supplémentaires, la baisse de la taxe d’habitation, la revalorisation de la prime d’activité ou encore les baisses de cotisations. « Pour la première fois depuis 2007 et la loi TEPA de Nicolas Sarkozy, le taux de prélèvement obligatoire sur les ménages (…) baisserait significativement » relève l’OFCE.

Des gagnants… et des perdants

Les classes moyennes sont clairement les grandes gagnantes de cette politique. D’après l’étude, le gain moyen pour cette catégorie de population irait de +200 euros à +640 euros par an. Du côté des ménages aux revenus modestes – les 5 % les plus pauvres –, l’augmentation du revenu disponible serait d’environ 60 euros en 2019.

Au total, « trois ménages sur quatre gagneraient à la mise en place des mesures » du gouvernement note l’OFCE. Ce qui laisse par déduction 25 % de perdants. Qui sont-ils ? Principalement ceux qui sont situés en haut de la fourchette des revenus… ou tout en bas. Ainsi, parmi les 5 % de ménages les plus modestes, un tiers verrait son revenu diminuer cette année. « Les ménages perdants sont principalement des ménages « inactifs » [qui ne travaillent pas] (…) accusant une baisse de leurs prestations sociales (aides au logement, allocations familiales) » décrypte le rapport.

Quant aux plus aisés qui devraient perdre du pouvoir d’achat, il s’agit majoritairement de retraités qui vont subir un « quasi-gel » de leurs pensions. Ces dernières augmenteront en effet beaucoup moins vite que l’inflation. « Pour les couples retraités, la perte atteindrait 390 euros par en moyenne » écrivent les auteurs.

Les très riches toujours gagnants selon l’OFCE

Au final, les auteurs considèrent que le budget 2019 de l’exécutif marque un réel « rééquilibrage » en faveur des ménages, et notamment des classes moyennes, ce qui corrobore une autre étude réalisée il y a quelques semaines par l’Institut des politiques publiques (IPP).

L'OFCE a calculé l'impact financier des mesures 2018 et 2019 prises par le gouvernement. Les 5% des ménages les plus riches ont gagné plus de 2000 euros en moyenne.
L'OFCE a calculé l'impact financier des mesures 2018 et 2019 prises par le gouvernement. Les 5% des ménages les plus riches ont gagné plus de 2000 euros en moyenne. - OFCE

Cependant, l’OFCE, qui prend en compte l’ensemble des mesures prises depuis le début de quinquennat (voir ci-dessus) – notamment la flat tax ou la suppression de l’ISF –, affirme que ce sont bien les très riches, c’est-à-dire les 5 % de ménages les plus aisés, qui restent les grands gagnants des arbitrages gouvernementaux en termes de gains monétaires.

*Pour rappel, le pouvoir d’achat est défini par l’Insee comme « la quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec une unité de salaire ». Autrement dit, si les salaires [ou les pensions] restent stables mais que les prix montent, le pouvoir d’achat diminue.