Assurance-maladie: «Un énième plan de rafistolage»

REACTIONS Opposition, associations et syndicats ne sont pas convaincus par les nouvelles économies proposées par le gouvernement...

Avec agence

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Le service social de la Sécurité sociale d'Ile-de-France, chargé d'aider les assurés à faire face à des difficultés financières, professionnelles ou familiales, est "menacé de disparition", estiment les syndicats FO et CGT dans un communiqué diffusé mardi.
Le service social de la Sécurité sociale d'Ile-de-France, chargé d'aider les assurés à faire face à des difficultés financières, professionnelles ou familiales, est "menacé de disparition", estiment les syndicats FO et CGT dans un communiqué diffusé mardi. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives
Le nouveau plan du gouvernement pour redresser les comptes de l'assurance-maladie, en taxant notamment les complémentaires santé, ne suscite guère l'enthousiasme de l'opposition, des syndicats ou des associations.

Le PS parle d'un «énième plan de rafistolage qui s'ajoute aux 24 plans précédents, aux forfaits, aux déremboursements et aux franchises qui n'ont naturellement rien réglé. C'est l'austérité dans l'injustice», estiment dans un communiqué Pascal Terrasse, secrétaire national du PS à la santé et Claude Pigement, responsable national du PS à la santé.

«Un tour de passe-passe qui va pénaliser les Français»

Pour les socialistes, «ce plan est injuste, car en taxant les mutuelles, il va mécaniquement aboutir à une augmentation des cotisations». «C'est un nouvel impôt qui sera payé par la grande majorité des assurés sociaux qui verront augmenter leurs prélèvements et réduire encore leur pouvoir d'achat», estime encore le PS, qui qualifie le plan de «tour de passe-passe, qui sans augmenter le ticket modérateur, va pénaliser les Français».

La Mutualité française a toutefois indiqué ce mardi qu'elle tenterait d'éviter une hausse à court terme de ses tarifs. «La Mutualité française n'approuve pas la mise en place d'une contribution supplémentaire qui pénalise lourdement les mutuelles. Mais, conscientes des difficultés de leurs adhérents et soucieuses de préserver leur pouvoir d'achat, elles mettront tout en oeuvre pour atténuer les effets de cette taxation supplémentaire», écrit-elle dans un communiqué.

L'association française de diabétiques (AFD) n'y croit pas. Elle a estimé ce mardi que les mesures du plan gouvernemental ouvraient la porte à une «privatisation» de la Sécu. Associer les complémentaires santé «la gestion de l'assurance maladie de façon directe, c'est leur donner les clés de la maison», estime le président de l'AFD Gérard Raymond. Et d'ajouter: «Ce ne sont que des mesures conjoncturelles qui n'ont aucune portée à long terme si on ne se penche pas sérieusement sur le financement et l'organisation de notre système de santé. A quand le débat de fond?»

La CGT note «l'inefficacité de la réforme de 2004»

Si La CGT partage cet avis sur la taxation des assurances santé, elle juge «fondée» la taxation demandée aux employeurs sur l'intéressement. Il «est fondé de demander aux employeurs de contribuer sur l'intéressement. Ces derniers le développent pour éviter d'augmenter les salaires et réduire leur participation au financement de la Sécurité sociale solidaire», écrit la CGT dans un communiqué. D'une manière plus générale, le syndicat note que «le déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale témoigne de l'inefficacité de la réforme de 2004 et des politiques de déremboursement des assurés sociaux. Ces politiques ont réduit le pouvoir d'achat, éloigné des soins une partie de la population et pesé sur la croissance économique», ajoute-t-il.

Force ouvrière, enfin, se dit «choquée de la réaction des assurances privées plus soucieuses de leurs bénéfices grandissants que d'une assurance maladie solidaire entre tous. Leur association à la gestion de l'assurance maladie n'est pas acceptable, leur logique n'étant pas la solidarité, c'est pourquoi Force ouvrière s'y oppose», écrit le syndicat dans un communiqué.

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