Immobilier à Nantes: Il n’y a plus assez de biens à vendre (résultat, les prix grimpent)

LOGEMENT Une baisse des transactions a été constatée depuis l’été 2018 en Loire-Atlantique et dans la métropole nantaise…

Julie Urbach

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Vue du quartier Zol Mellinet, à Nantes
Vue du quartier Zol Mellinet, à Nantes — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA
  • En 2018, le prix des appartements anciens et des maisons a bondi de plus de 5 % à Nantes.
  • Une hausse des prix également observée dans les autres communes de la métropole.

Les prix n’atteignent pas encore les niveaux observés à Bordeaux ou Lyon, premières villes du classement, mais la flambée commence. Alors que la métropole nantaise, très attractive, accueille en moyenne 8.000 nouveaux habitants chaque année, les conséquences en matière de logement se font sentir. « Face à une demande très élevée, l’offre devient insuffisante », résume Marie Denis, notaire à Vertou. Selon la chambre des notaires de Loire-Atlantique, qui a dressé ce jeudi le bilan 2018, une baisse des transactions a donc été constatée depuis cet été. Résultat, des prix qui montent en flèche.

Si le neuf ne bouge pas, le prix médian d’un appartement ancien (143.000 euros) progresse lui de 5,6 % en un an, et 10,2 % en 5 ans. Pour les maisons, la flambée est encore plus impressionnante : 5,9 % en un an… et 25 % en 5 ans ! « On arrive à des prix très élevés dans les quartiers les plus prisés de Nantes », rapporte Marie Denis. Et notamment le quartier Saint-Félix (où une maison sur deux s’est vendue plus de 500.000 euros), dans le centre-ville (3.380 euros le m², +10 % en un an), mais aussi dans les secteurs Saint-Donatien Malakoff ou Dervallières Zola. A noter, alors que l’on pouvait encore jusque-là y faire de bonnes affaires, les prix ont aussi subi un gros coup de chaud dans les quartiers Nantes-nord et Nantes-Sud, où s’opère un rattrapage des prix.

Prix médians de l'immobilier nantais en 2018
Prix médians de l'immobilier nantais en 2018 - Notaires de Loire-Atlantique

Dans le reste de l’agglo

L’agglomération nantaise n’échappe pas à cette hausse (+4,3 % tous bien confondus), notamment car elle accueille de plus en plus de familles refroidies par les prix nantais. L’opération est souvent gagnante : alors que le prix médian d’un appartement ancien est de 2.830 euros/m² à Nantes, le prix tombe à 2.110 euros/m² dans la première couronne. Un phénomène qui se vérifie aussi pour les maisons, (347.500 euros contre 266.000 euros).

Selon les chiffres de la chambre des notaires, c’est à La Chapelle, Vertou et Sainte-Luce que les appartements anciens sont les plus chers (Orvault, Basse-Goulaine et Carquefou pour les maisons). En bas du classement figurent Rezé, Orvault et Saint-Herblain dans l’ancien (Saint-Sébastien, Indre et Bouguenais pour les maisons). « L’abandon du transfert de l’aéroport n’a pas bouleversé le marché, note Jean-Charles Veyrac, notaire. Il y a une telle tension qu’il n’y aura pas d’effondrement des prix. »

La pénurie risque de durer

Pour 2019, la problématique de pénurie d’offres pourrait s’aggraver. Car il n’y a pas de raison que le territoire cesse d’attirer, alors que le manque de logements neufs risque de perdurer. « Il y a un ralentissement des programmes, dans l’attente des nouvelles règles d’urbanisme du plan local qui doit être voté, rappelle Grégoire Mitry, délégué régional des notaires de Loire-Atlantique. Il faut aussi rappeler que l’on s’approche des élections municipales, une période peu favorable à l’attribution de permis de construire. »