La bourse plonge à nouveau, -27% depuis le début de l'année

BOURSE Un marché tendu par les difficultés liées au pétrole, à la croissance mondiale, aux changes et à la situation au Moyen-Orient...

V.G. (avec agence)

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La Bourse de Paris accentuait très nettement sa baisse mardi en fin de matinée, le CAC 40 lâchant 2,75% vers 9H40 GMT pour se rapprocher de la barre des 4.300 points, dans un mouvement de vente massive auquel seul France Télécom échappait.
La Bourse de Paris accentuait très nettement sa baisse mardi en fin de matinée, le CAC 40 lâchant 2,75% vers 9H40 GMT pour se rapprocher de la barre des 4.300 points, dans un mouvement de vente massive auquel seul France Télécom échappait. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives
L'indice CAC 40 a porté vendredi ses pertes annuelles à 26,96% après une semaine en dents de scie, où il a encore cédé près de 4% pour venir buter sur les 4.100 points. La séance de vendredi a marqué à elle seule un recul de 3,09%.

Depuis le début de l'année, la Bourse de Paris aura perdu un quart de sa valeur dans un marché tendu par les chocs à répétition sur la sphère financière, le pétrole, la croissance mondiale, les changes et la situation au Moyen-Orient.

Causes multiples

La Bourse de Paris renoue ainsi avec ses niveaux de mai 2005. «Ce n'est pas un "krach" classique où l'on observe ce genre de baisse sur quelques jours ou quelques semaines. C'est ce qui est d'ailleurs très pénible: c'est un long effritement depuis le 1er juin 2007», a souligné Jean-Paul Pierret, stratégiste chez Dexia.

Les facteurs de baisse se sont multipliés: la crise des «subprime», bien sûr, mais aussi la crainte d'un ralentissement économique général, le dollar faible et la flambée du baril. «En début d'année, les investisseurs pensaient encore que les pays émergents allaient sauver les entreprises et les problématiques inflationnistes n'étaient pas encore au coeur des préoccupations», a expliqué à l'AFP Ronald Petitjean, de Sarasin Asset Management.

Le pétrole, plutôt que les actions

La place parisienne a même regagné 16% entre le 17 mars et le 19 mai, avant que le CAC 40 ne dégringole de quelque 1.000 points. La fermeté de la Banque centrale européenne face aux risques de dérapage des prix pourrait expliquer ce renversement. «La BCE qui remonte ses taux (à 4,25% le 3 juillet, ndlr) plombe l'économie européenne», creusant l'écart avec le taux directeur principal affiché aux Etats-Unis (2,0%), a observé Ronald Petitjean.

La Bourse de Paris souffre aussi d'une désaffection pour les actions au profit d'investissements sur les matières premières et notamment le pétrole, dont les cours ont gagné presque 50% depuis le 1er janvier.