La TVA réduite de nouveau au menu

Angeline Benoit - ©2008 20 minutes

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Bruxelles devrait proposer aujourd'hui un taux de TVA réduit pour la restauration traditionnelle, coincée à 19,6 %. Réclamée depuis bientôt quinze ans par la profession, qui exige d'être traitée à égalité avec la cuisine « à emporter » et « collective », une baisse avait été promise par Jacques Chirac à son arrivée à l'Elysée. Sauf qu'il a échoué à mettre d'accord tous les membres de l'Union européenne, condition indispensable.

Un premier pas sera fait aujourd'hui dans ce sens, a affirmé vendredi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. A Bercy, on assure que la Commission accepte désormais d'inclure la restauration traditionnelle dans la liste des activités pouvant prétendre à un taux réduit de TVA, « parce qu'elle pense qu'un consensus est devenu possible, notamment avec le Danemark et l'Allemagne ».

Un changement qui tomberait à pic puisque le président de la République a promis la semaine dernière de faire mieux que son prédécesseur, alors que la France vient de prendre la présidence de l'Union. Reste qu'à Bruxelles, l'optimisme demeure tiède. Selon une source proche du dossier, la Commission n'a pas changé de position depuis 2003. Reste à voir ce qu'il en est des opposants traditionnels.

Rien n'est donc gagné, ce qui explique sans doute le silence des fédérations professionnelles, l'Umih et le Synhorcat, habituellement intarissables. Si la France arrache la TVA réduite, ce ne sera pas avant 2010, et il n'est pas dit que l'Etat accepte de passer de 19,6 % à 5,5 %, ce qui lui coûterait fort cher. De plus, des contreparties sur l'emploi, les salaires et les prix seraient sans doute demandées.