«Gilets jaunes»: Les soldes d'hiver réussiront-ils à compenser les pertes des commerçants?

CONSOMMATION Après huit samedis de mobilisation, les commerçants doivent désormais combler les trous dans leur trésorerie...

20 Minutes avec AFP

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Les soldes d'hiver en janvier 2013 à Paris (image d'illustration).
Les soldes d'hiver en janvier 2013 à Paris (image d'illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les soldes d'hiver, qui débutent mercredi, arrivent après une période très critique pour les commerçants, durement éprouvés en novembre-décembre par les manifestations des «gilets jaunes». Suffiront-ils à compenser le manque à gagner de cet automne et à écouler les stocks ?

« Cette année, compte tenu du contexte, c’est clair que les soldes ont plus d’importance encore », affirme à l’AFP Emmanuel le Roch, délégué général de Procos, la Fédération du commerce spécialisé, qui regroupe 260 enseignes. Pour Laurent Landel, directeur associé chez Bonial, « les commerçants sont super inquiets et se demandent à quelle sauce ils vont être mangés : tout le monde espère un report sur les soldes » d’hiver. Ils représentent en moyenne 20 % du chiffre d’affaires annuel des commerçants.

Période cruciale

Peu avant Noël, la FCD, la Fédération du secteur, avait estimé à deux milliards d’euros les pertes pour le commerce de détail à la suite des différents « actes » mis en place par les « gilets jaunes », qui réclamaient une hausse de leur pouvoir d’achat.

Théâtre de violences, voire de pillages, mais aussi de blocages des accès aux magasins et centres commerciaux, ces manifestations se sont déroulées tous les samedis précédant Noël, à partir du 17 novembre, une période cruciale pour les commerçants, engendrant d’énormes trous dans leur trésorerie qu’il va leur falloir combler.

Incertitude sur le pouvoir d’achat

« En novembre, nos adhérents ont subi des chutes de leurs chiffres d’affaires de 6,8 % et c’est descendu jusqu’à 12-13 % lors des quinze premiers jours de décembre », souligne Emmanuel Le Roch, évoquant des « écarts très importants selon les villes et les régions ». Et même si les deux derniers week-ends de décembre ont été « bons », le mois se terminera probablement « entre -4 et -2 % », ce qui « reste très difficile » pour une profession qui comporte nombre d’enseignes à l’activité saisonnière.

Le hic, explique à l’AFP Laurent Landel, « c’est très clairement le pouvoir d’achat : il est fort à parier que les consommateurs, avec l’arrivée du prélèvement à la source [sur leurs fiches de paie fin janvier], soient plutôt prudents ». Réponse des consommateurs à partir de mercredi.