Non, il n'existe pas de salaire minimum dans toute la Suisse

FAKE OFF Un post Facebook affirme que « le SMIC en Suisse est à 3.600 euros ». Il n'existe pas de salaire minimum dans l'ensemble de la fédération. Depuis 2017, une rémunération minimum est en vigueur dans deux cantons...

Mathilde Cousin

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Deux cantons appliquent un salaire minimum en Suisse.
Deux cantons appliquent un salaire minimum en Suisse. — M.ASTAR/SIPA
  • « Le SMIC en Suisse est à 3.600 euros ». Cette affirmation a été postée sur une page Facebook consacrée au divertissement.
  • Il n’existe pas de salaire minimum sur l’ensemble de la fédération suisse.
  • Deux cantons appliquent un salaire minimum.
  • Pour certains salariés, des conventions collectives prévoient un salaire minimum.

Les salariés suisses, mieux lotis que les salariés français ? Un post Facebook partagé 1.500 fois en cinq jours indique, à tort, que « le SMIC en Suisse est à 3.600 euros ».

L’augmentation du SMIC en France est une des revendications des « gilets jaunes ». Le 10 décembre, Emmanuel Macron a annoncé un coup de pouce de 100 euros aux salariés qui touchent le SMIC. Cette hausse pourrait intervenir plus tard que prévu. Un salarié français au SMIC touche actuellement 9,88 euros brut de l’heure, soit 1.498,47 euros par mois. 

FAKE OFF

Il n'existe pas de salaire minimum sur tout le territoire suisse. En 2014, les Suisses avaient rejeté l’instauration d’une rémunération plancher sur l’ensemble du territoire.

Deux cantons font exception : depuis 2017, un salaire minimum est obligatoire dans les cantons de Neuchâtel et du Jura. Dans le canton de Neuchâtel, ce salaire brut s’élevait en 2017 à 19,70 francs suisses de l’heure, soit environ 17 euros de l'heure. Dans le canton du Jura, ce revenu était de 20 francs suisses par heure en 2017, soit 17,1 euros. Le canton du Tessin pourrait être le troisième canton à adopter un salaire minimum.

A Neuchâtel, une minorité de travailleurs concernée

Ces cantons ont en commun le partage d'une frontière avec la France ou l’Italie, souligne un représentant de l’Unia, le plus important syndicat suisse, auprès de 20 Minutes : « Ces cantons, en particulier Neuchâtel, ont été soumis à de la sous-enchère salariale car ce sont des cantons frontaliers. »

Une minorité de travailleurs touche ce salaire minimum dans le canton de Neuchâtel : la mesure y touche 2.700 salariés, dont 1.700 femmes, selon le syndicat, alors qu'en 2015, 105.492 emplois avaient été recensés au total dans le canton. Le salaire minimum concerne « les travailleurs pauvres », rappelle l’Unia.

Un coût de la vie élevé en Suisse

Ce salaire minimum, rapporté à une moyenne de 42 heures de travail hebdomadaire, se situe entre 3.500 et 4.000 francs suisses par mois, soit entre 3.097 et 3.540 euros. Mais il reste éloigné du salaire médian suisse, qui est de 6.500 francs (5.764 euros). L’Unia rappelle que « le loyer moyen en Suisse est de 1.360 francs (1.150 euros par mois). » Dans les régions urbaines, « cela peut être beaucoup plus ». Il faut surtout rajouter « les primes d’assurance maladies obligatoires, soit 1.000 francs par mois pour une famille avec deux enfants. »Ces charges représentent déjà plus de la moitié d’un salaire de 4.000 francs.

En Suisse, des conventions collectives de travail prévoient également des salaires minimaux. De nombreux critères sont pris en compte pour définir ces salaires : la branche professionnelle, l’ancienneté, les qualifications… Ces conventions s’appliquent par branche professionnelle ou par entreprise, mais elles ne concernent qu’un tiers des salariés. « 1,7 million de salariés sont soumis à ces conventions, sur 5 millions de salariés en Suisse », souligne l’Unia.

 

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