Les conditions de travail attaquées chez Renault

Delphine Bancaud - ©2008 20 minutes

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Les avocats des familles de trois salariés « suicidés » du Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines) ont mis en cause hier, lors d'une conférence, la responsabilité de l'ex-employeur de leurs proches. Antonio, Hervé et Raymond travaillaient plus de 10 heures par jour, se remettaient souvent à plancher sur leur ordinateur portable le soir et ne dormaient que trois ou quatre heures par nuit. Ils se sont suicidés à quelques mois d'intervalle (entre octobre 2006 et février 2007), les deux premiers sur leur lieu de travail, le second chez lui après avoir rédigé ces quelques mots : « Je ne suis qu'une merde, je vais être licencié. » Après avoir fait reconnaître les décès d'Antonio et d'Hervé comme accidents du travail (pas encore celui de Raymond), les avocats tentent de faire reconnaître la faute inexcusable de l'employeur devant le tribunal des affaires de Sécurité sociale. « Il ne s'agit pas d'une succession de situations individuelles, mais bien d'un drame collectif », indique Me Teissonnière. « C'est la demande constante de performance qui a condamné ces trois salariés à l'échec. Il faut s'interroger sur l'organisation collective du travail », ajoute sa consoeur Rachel Saada.