ArcelorMittal signe la fermeture des emblématiques hauts-fourneaux de Florange

ECONOMIE L'entreprise promet toutefois de continuer à développer la production sur ce site...

20 Minutes avec AFP

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Les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal à Florange, en 2012.
Les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal à Florange, en 2012. — Mathieu Cugnot/AP/SIPA

Le numéro un mondial de la sidérurgie ArcelorMittal a annoncé lundi la fermeture définitive des emblématiques hauts-fourneaux de l’usine de Florange (Moselle), tout en promettant de continuer à développer la production sur ce site qui fut en 2012 sous la présidence Hollande au centre d’un bras de fer politique et syndical.

« A l’issue d’une étude approfondie du marché et des technologies disponibles (…) ArcelorMittal confirme de ne pas vouloir relancer la production d’acier liquide sur le site » de Florange, a indiqué le groupe dans un communiqué.

22 millions d’euros investis

ArcelorMittal va en revanche investir 22 millions d’euros dans l’usine, où travaillent encore 2.300 personnes. Les hauts fourneaux employaient plus de 600 personnes au moment de leur arrêt temporaire il y a six ans.

A l’appui de sa décision de ne pas relancer la production d’acier à Florange, le groupe avance des arguments économiques, assurant que toutes les hypothèses étudiées – redémarrage d’un haut-fourneau ou des deux hauts-fourneaux ou construction d’une aciérie électrique – ne seraient pas compétitives. Le groupe fait également valoir que son dispositif industriel actuel n’a pas besoin d’une production supplémentaire d’acier brut.

« Un énorme gâchis »

La décision a été communiquée lundi après-midi aux syndicats lors d’un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire. « C’est un énorme gâchis, c’est six ans de lutte. On a une industrie qui va à vau-l’eau : il y a eu Florange, il y a Ford, Vallourec, et voilà », a protesté auprès de l’AFP Lionel Burriello, délégué CGT du site.

Le syndicat CFE-CGC a également déploré « l’arrêt définitif de la filière liquide lorraine ». « Cet accord, cela a toujours été un marché de dupes », a déclaré à l’AFP Frédéric Weber, délégué FO ArcelorMittal Florange. « Certains ont voulu alimenter un fantasme pendant cinq ans et demi, mais c’était juste une manière de faire passer la pilule en attendant que les choses s’apaisent », a-t-il dit.

Le maire LR de Florange, Rémy Dick, a estimé que la décision était « attendue » et « semblait évidente aux vues des contraintes techniques et environnementales ainsi qu’au coût élevé qu’aurait engendré ce redémarrage ».

Usine stratégique

ArcelorMittal avait annoncé en 2012 sa décision d’arrêter les deux hauts-fourneaux produisant de l’acier brut à Florange, suscitant un tollé syndical et politique. Fin novembre 2012, un compromis avait été conclu par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault au terme de plusieurs semaines de bras de fer entre ArcelorMittal et le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, partisan d’une nationalisation temporaire de Florange pour le revendre à un repreneur.

Le compromis instaurait une période d’observation de six ans durant laquelle les hauts-fourneaux étaient « mis sous cocon », dans l’attente d’une décision sur une possible relance. Le groupe s’engageait à ne procéder à aucun licenciement et à investir 180 millions d’euros sur cinq ans.

ArcelorMittal assure avoir rempli ses engagements. Les 629 personnes concernées par les suppressions de postes ont été reclassées ou sont parties en retraite et plus de 300 millions d’euros ont été investis à ce jour. Le nouvel investissement de 22 millions ira à l’agrandissement d’une ligne de galvanisation, après 67 millions l’année dernière, pour porter la capacité de production de 600.000 tonnes à 800.000 tonnes de produits d’acier par an.