«Gilets jaunes»: Des millions d'euros de dégâts pour les sociétés autoroutières

MOBILISATION « Plusieurs dizaines de millions d’euros » de dégâts pour Vinci, un montant « bien inférieur » pour la Sanef et des pertes pas encore chiffrées pour l’Asfa…

20 Minutes avec AFP

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Des gilets jaunes bloquent le péage de Saint-Quentin Fallavier, le 1er décembre 2018.
Des gilets jaunes bloquent le péage de Saint-Quentin Fallavier, le 1er décembre 2018. — SIPA

Des « dizaines de millions d’euros » de dégâts pour Vinci, un impact économique sans précédent pour l’association professionnelle Asfa… Si le mouvement des « gilets jaunes » pourrait encore perdurer, l’heure du premier bilan est arrivée pour les sociétés autoroutières, qui tentent de chiffrer les conséquences économiques du mouvement.

Un mois après le début du mouvement des « gilets jaunes », Vinci Autoroutes, l’exploitant de la plupart des autoroutes du sud de la France, a dressé, ce dimanche, un premier bilan du coût des dégradations, déplorant une facture de « plusieurs dizaines de millions d’euros ».

« Il n’y a pas d’exemple comparable d’un tel événement »

Pas d’estimation précise du côté de la Sanef, dont l’activité se concentre dans le nord et l’est de l’Hexagone, mais le montant sera « bien inférieur » à celui avancé par Vinci. « On sait que ça se chiffre plutôt en millions, mais on a été plutôt épargnés par rapport à nos confrères du sud de la France », a affirmé Christine Allard, responsable des relations presse de l’entreprise. Un bilan plus détaillé est annoncé par la Sanef une fois que le mouvement des « gilets jaunes » sera « terminé », a-t-elle ajouté.

Même souci de temporisation à l’Asfa (Association des sociétés françaises d’autoroute), dont le délégué général Christophe Boutin souligne l’importance « d’arrêter les dégâts et de reprendre une activité normale » avant de s’atteler à l’élaboration d’un bilan économique. En tout état de cause, le coût du mouvement pour le secteur autoroutier est déjà pressenti comme exceptionnel. « Il n’y a pas d’exemple comparable d’un tel événement qui ait causé autant de dégâts, d’entraves à la perception du péage », a ainsi déploré Christophe Boutin, avant de préciser qu’en tant qu’association professionnelle « assez légère », l’Asfa n’avait pas mis en place de « caisse » d’indemnisation.

Les centres commerciaux et la SNCF également impactés

« Il n’y a pas de mécanisme au niveau du secteur : chacun a ses polices d’assurance, ses négociations professionnelles », a-t-il résumé. Si la Sanef « a commencé à sentir une démobilisation après le discours d’Emmanuel Macron » le 10 décembre, Vinci a déploré des incendies volontaires survenus dans la nuit de dimanche à lundi sur des péages à Béziers et Manosque. Les zones de péage de Narbonne sud et Perpignan sud, également exploitées par Vinci, avaient, elles, été incendiées dans la nuit de samedi à dimanche, après avoir déjà été la proie des flammes lors des semaines précédentes.

À l’image du secteur autoroutier, plusieurs secteurs économiques ont commencé à chiffrer l’impact économique du mouvement des « gilets jaunes ». Lundi, le Conseil national des centres commerciaux a estimé le coût des cinq week-ends de mobilisation à deux milliards d’euros pour le commerce français. Invité sur Radio Classique, le patron de la SNCF Guillaume Pepy a évalué l’addition à « sans doute plusieurs dizaines de millions (d’euros) » pour l’entreprise ferroviaire. « On les voit encore », a commenté Christine Allard au sujet des manifestants, tout en notant qu’ils s’étaient déplacés des autoroutes vers « les ronds-points à proximité », diminuant ainsi l’impact économique pour la Sanef.