Affaire Ghosn: Renault réclame une AG extraordinaire chez Nissan

AUTOMOBILE Selon le « Wall Street Journal », le constructeur français s’inquiéterait « des risques importants » de l’inculpation de Carlos Ghosn…

20 Minutes avec AFP

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Thierry Bolloré au Mondial de l'Auto à Paris, le 2 octobre 2018.
Thierry Bolloré au Mondial de l'Auto à Paris, le 2 octobre 2018. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Renault a réclamé à son partenaire japonais Nissan, dont il est le principal actionnaire, la convocation d’une assemblée générale face au « risque » créé par l’inculpation de l’entreprise dans l’affaire de malversations présumées reprochées à Carlos Ghosn, a affirmé dimanche le Wall Street Journal.

Selon le WSJ, le directeur général de Renault, Thierry Bolloré, a écrit vendredi à son homologue chez Nissan, Hiroto Saikawa, une lettre réclamant une telle réunion. Thierry Bolloré assume l’intérim de Carlos Ghosn, son PDG inculpé après avoir été interpellé le 19 novembre au Japon sous le soupçon d’avoir dissimulé une partie de ses revenus. Nissan a été inculpé en tant que personne morale dans cette affaire.

« Des risques importants pour Renault » et « la stabilité » de l’alliance

Or, selon la lettre de Thierry Bolloré, citée par le Wall Street Journal, cette « inculpation crée des risques importants pour Renault, en tant que plus important actionnaire de Nissan, et à la stabilité de notre alliance industrielle ». Contacté par l’AFP dimanche soir, Renault s’est refusé à tout commentaire. L'entreprise, qui a sauvé Nissan de la faillite il y a près de 20 ans, détient 43,4 % du constructeur japonais, qui possède de son côté 15 % de son partenaire français mais sans droits de vote. 

Les deux entreprises forment, avec Mitsubishi, la première alliance automobile mondiale avec 10,6 millions de véhicules légers écoulés en 2017. L’affaire a révélé des tensions et rivalités franco-japonaises au sein de cette alliance dont Carlos Ghosn était la clé de voûte. « Nous pensons qu’une réunion des actionnaires constituerait la meilleure façon de gérer cette question de façon ouverte et transparente », a ajouté Thierry Bolloré selon le WSJ.

Carlos Ghosn, démis de ses fonctions de président de Nissan et de Mitsubishi depuis son arrestation, a en revanche été maintenu à son poste chez Renault, et reste en l’état le patron de l’Alliance. Le dirigeant est accusé d’avoir omis de déclarer aux autorités boursières japonaises environ 5 milliards de yens (38 millions d’euros) de revenus durant cinq années, de 2010 à 2015. Il est soupçonné d’avoir fait de même entre 2015 et 2018 pour un montant de 4 milliards de yens (31,1 millions d’euros).