Le baril passe la barre des 140 dollars, les 170 dollars envisageables cet été

V.G. (avec agence)

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Un puits de pétrole en janvier 2008
Un puits de pétrole en janvier 2008 — David McNew AFP/Getty Images/Archives

Le prix du pétrole a dépassé jeudi pour la première fois de l'Histoire le seuil des 140 dollars, quelques heures après que le président de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) eut pronostiqué que le baril pourrait atteindre 150 à 170 dollars cet été.

A New York, le baril de «light sweet crude» pour livraison en août est monté en séance à 140,39 dollars. A la clôture, le prix du baril d'or noir s'est quelque peu replié, terminant néanmoins à un niveau record: 139,64 dollars (+5,29 dollars par rapport à mercredi). Soit une hausse plus de 100% en un an. Depuis janvier, le prix du baril s'est renchéri de plus de 40 dollars.

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La hausse de plus de 5 dollars constatée lors de la seule séance de jeudi a été enclenchée par un nouvel accès de faiblesse du dollar, monnaie dans laquelle est vendu le brut. La monnaie américaine est tombée à plus de 1,57 dollar pour un euro jeudi. Ce qui représente une opportunité pour les investisseurs hors zone dollar, cherchant à se protéger de l'inflation.

Signe que la flambée n'est pas terminée: le président de l'Opep Chakib Khelil a dit jeudi que les prix du baril pourraient atteindre 150 à 170 dollars «durant cet été», dans un entretien à la télévision France 24.

«Aujourd'hui le dollar, demain une grève au Nigéria...»

Pour Ben Tscocanos, analyste de Standard & Poor's, «un cap psychologique a été franchi». «Les marchés semblent désormais à l'aise avec le pétrole cher car les investisseurs se saisissent maintenant de tout élément pouvant justifier des achats pour entrer sur le marché. Aujourd'hui, c'est le dollar, demain ce serait une grève sur un site pétrolier au Nigeria par exemple», affirme-t-il.

Les bourses plongent
La Bourse de New York a terminé en forte baisse jeudi, plombée par une avalanche de mauvaises nouvelles en provenance des entreprises et une flambée des cours du pétrole au delà de 140 dollars le baril: le Dow Jones a perdu 3,01%, et le Nasdaq 3,33%.

Ce vendredi matin, la Bourse de Paris a ouvert sur un nouveau recul vendredi, l'indice CAC 40 cédant 0,40% à 4.408,33 points. Paris avait terminé en forte baisse jeudi, le CAC 40 reculant de 2,43% à 4.426,19 points, son plus bas niveau en clôture depuis novembre 2005.