Marseille: Dans les quartiers Nord, le Carburateur fait le plein de jeunes entreprises

ENTREPRENEURIAT Installée depuis deux ans à la Cabucelle, la structure accompagne créateurs d’entreprise et porteurs de projets…

Caroline Delabroy

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Maxime Feffer, résident au Carburateur, et Soazig Allaire, qui s'occupe du consel aux entreprises.
Maxime Feffer, résident au Carburateur, et Soazig Allaire, qui s'occupe du consel aux entreprises. — C.Delabroy/20 Minutes
  • Dans une zone franche de Marseille, Le Carburateur héberge et accompagne les jeunes entreprises, toutes activités confondues.
  • En deux ans, ce pôle de l’entreprenariat a franchi le cap des 2 000 porteurs de projets accueillis et des 48 entreprises en résidence. L’objectif pour 2019 est d’accroître la proportion venant des quatiers nord.

Ils l’appellent tous le « Carbu ». En deux ans d’existence, le Carburateur a réussi un premier pari : attirer les créateurs d’entreprise dans ce tout nouvel espace aménagé par la métropole dans les quartiers Nord de Marseille. De l’extérieur, l’endroit ressemble à un paquebot, avec ses nombreuses fenêtres en forme de hublot. Arenc et ses quais ne sont pas loin : le quartier de la Cabucelle se tient en effet à la lisière d’ Euroméditerranée, dans une zone franche en plein développement. A l’intérieur, le bâtiment dégage de nombreux puits de lumière, des terrasses et espaces communs propices aux rencontres entre résidents.

Car le Carburateur n’est pas un espace de coworking comme il en fleurit un peu partout, même si on peut y louer au mois un bureau en open space. C’est d’abord et avant tout un lieu dédié à l’entreprenariat. « Nous sommes partis du diagnostic qu’il y avait un fort taux de création d'entreprise dans les quartiers nord, mais aussi de défaillance au bout de trois ans, liée aux difficultés de gestion administrative et au manque de réseau », souligne Soazig Allaire, qui s’occupe du conseil et de l’appui aux entreprises.

38 ans de moyenne d'âge

D’où l’idée de proposer un package aux résidents : la location d’un local (350 euros HT/mois pour un bureau de 16 m², jusqu'à 800 euros HT pour un atelier de 50 m²), le conseil et le suivi d’activité, et l’accès à l’ensemble des acteurs de la création d’entreprise, qui tiennent des permanences régulières, quand ils ne sont pas directement sur place comme Cap au Nord Entreprendre. Plus besoin de courir tout Marseille pour un renseignement ou une expertise. « Il y a une grande diversité d’activités liée à l’équipement, on est sur des profils très métiers », poursuit Soazig Allaire.

En deux ans, le Carburateur a franchi le cap des 2000 porteurs de projets accueillis et des 48 entreprises hébergées. Parmi les résidents, d’une moyenne d’âge de 38 ans, on trouve ainsi un torréfacteur, un fleuriste, une brodeuse, une société de nettoyage, des développeurs, une entreprise de transport écologique, un expert-comptable…

La seule condition pour intégrer le Carbu est d’être une entreprise de moins de quatre ans (sauf dans le cas d’une reprise d’activité). Et la limite pour y rester est fixée à trois ans. « L’idée est de consolider le démarrage, et l’on s’assure que le coût de la location ne compromette pas l’activité », indique Soazig Allaire. Pour Maxime Ferrer, derrière l’aventure des rhums arrangés Les Canailles, c’est déjà l’heure de penser au départ, l’atelier devenant trop petit.

« Marseille nord, c’est ma city »

Arrivé en mai 2017, après un contact avec la Cité des entrepreneurs, il a vu trois avantages au « Carbu » : le fait d'habiter pas loin, le réseau, et le préavis d’un mois pour le bail. « On ne sait pas où on va quand on commence, et là ce n’est pas un bail commercial de trois ans sur lequel on est piégé », explique cet ancien contrôleur de gestion, passé deux ans au Mama Shelter où il a mûri son idée de rhums arrangés à base de fruits cultivés en France et, pour l’autre moitié de la gamme, de fruits exotiques. Maxime Ferrer ne se sent pas lâché dans la nature : « Ils m’aident à faire la transition pour la recherche des prochains locaux ».

« Cette capacité de répondre à ce besoin de croissance, peu de structures l’ont », estime Julien Lescoulié, l’un des cofondateurs du studio Dev-id, qui réalise pour les start-up des prototypes d’applications et autres objets connectés, pour leur permettre d’aller démarcher. Et il sait de quoi il parle. En quelques années, ils sont passés de trois à 25, et ont déménagé quatre fois au sein du Carburateur, dont ils occupent aujourd’hui plusieurs bureaux et ateliers.

C’est un peu la success story du Carbu. Dev-id collabore aussi avec d’autres structures rencontrées sur place, c’est ainsi qu’est né le jeu  Playzz. « L’accompagnement pour nous a été essentiellement humain, on a créé une petite famille », dit ainsi Julien Lescoulié, qui voudrait par la suite s’installer pas loin. « J’ai grandi à Marseille nord, c’est ma city », sourit-il. Au Carburateur, 20 % des résidents viennent des quartiers nord. L’objectif de 2019 est d’augmenter cette proportion.

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