Gironde: Ford refuse l'offre de reprise de Punch, l'usine de Blanquefort va fermer

ECONOMIE Les salariés de l’usine viennent d’être informés par leur directeur que Ford Europe refusait l’offre de reprise du belge Punch pour son site de Blanquefort, qui emploie 830 employés…

Elsa Provenzano

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Une manifestation de soutien aux salariés de l'usine Ford de Blanquefort a eu lieu samedi, à Bordeaux.
Une manifestation de soutien aux salariés de l'usine Ford de Blanquefort a eu lieu samedi, à Bordeaux. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Ford Europe refuse l’offre de reprise de Punch pour son site girondin, la jugeant trop risquée pour les emplois.
  • L’usine va cesser son activité cet été.
  • Les syndicats qui venaient de trouver un accord de principe avec Punch sont abasourdis.

« C’est la douche froide », lâche Vincent Alauze, délégué syndical CGT de l’usine de Ford à Blanquefort. Le groupe américain vient de refuser l'offre de reprise formulée par Punch pour le site girondin, qui emploie plus de 800 personnes, au motif qu’il est trop risqué pour les emplois. Le directeur de l’usine l’a annoncé ce jeudi aux salariés.

« Ford Aquitaine Industries (FAI) a informé, ce jour, son comité d’entreprise avoir décidé de ne pas donner de suite favorable à la vente du site de FAI à l’acquéreur potentiel ayant manifesté le plus grand intérêt pour la reprise », confirme Ford dans un communiqué. « Leurs explications, c'est du blabla c'est juste qu'une fermeture coûte moins cher à Ford qu'une reprise », se lamente le représentant CGT. 

Les réactions commencent à fuser. Le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui a soutenu le dossier de reprise, « ne veut encore croire que tous les efforts engagés par les deux groupes et les représentants des salariés n'ont pas encore été vains et appellent ces trois parties à tirer profit des jours qui viennent pour parvenir à une solution durable sur le plan industriel et raisonnable sur le plan social ». 

De son côté, le département de la Gironde a aussi réagi, en pointant quelques chiffres. « Nous sommes scandalisés par la stratégie du Groupe Ford. Une stratégie indigne au regard des 7 milliards d’euros de profits que le Groupe a dégagés en 2017 », écrivent Jean-Luc Gleyze, président et Christine Bost, vice-présidente. Ils rappellent qu'il y a cinq ans, le groupe a bénéficié de 25 millions d’euros de subventions publiques. « Bien entendu, nous exigerons de Ford le remboursement des aides perçues », concluent-ils.

Le ministre de l'Economie parle de « trahison » et l'appelle à revoir sa décision, précisant qu'il a appris la nouvelle par le communiqué de presse, alors qu'il demande un entretien avec les dirigeants depuis trois jours. 

Fermeture du site cet été

Les salariés sont d’autant plus choqués qu’un accord de principe  venait d’être trouvé entre Punch et les syndicats, dans la perspective d’une reprise. Les syndicats avaient par exemple concédé le gel des salaires pendant trois ans.

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire avait demandé à Ford d’accepter ce plan de reprise, qui a été modifiée une première fois par Punch à la demande du groupe américain, jugeant le repreneur sérieux et fiable. Les collectivités soutenaient également cette reprise, alors que près de 2000 emplois indirects dépendent de l’usine, dans la région.

« L’arrêt de production sur le site est prévu fin août 2019 et Ford Aquitaine Industrie (FAI) s’est engagée à ne prononcer aucun départ contraint avant septembre 2019. Cela permet aux salariés de FAI d’analyser leurs options tout en bénéficiant d’une sécurité financière », poursuit le groupe américain dans son communiqué.

Plan social

Ford a présenté un plan social qui comprend un congé de reclassement d’une durée étendue à compter d’octobre 2019, un plan de cessation anticipée d’activité, un redéploiement chez GFT, ainsi que d’autres mesures d’accompagnement des salariés.

« Dans l'immédiat, nous cherchons les moyens de résister, de perturber la stratégie de Ford, nous étudierons avec les pouvoirs publics comment nous pouvons imposer une solution favorables socialement, a réagi Philippe Poutou, représentant CGT. Non, Ford n'en a pas encore fini avec nous. »