Côte d'Azur: Quand le mérou se faufile dans l'économie du tourisme

SOUS LA MER Des chercheurs niçois étudient l’effet de ce poisson sur le marché de la plongée…

Mathilde Frénois

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Le mérou, qui avait quasiment disparu dans les années 80, réapparaît dans les eaux azuréennes.
Le mérou, qui avait quasiment disparu dans les années 80, réapparaît dans les eaux azuréennes. — BARIL-PBI / SIPA

Qui vit 50 ans, naît femelle, meurt mâle et attire les plongeurs de la France entière ? Le mérou. Par son activité de régulateur, ce poisson est la garantie de la richesse d’un milieu aquatique. En danger sur les côtes méditerranéennes, le mérou fait l’objet d’une étude. A Nice​, des chercheurs analysent l’impact de sa disparition sur l’économie, et notamment le tourisme azuréen.

« Les principales menaces qui pèsent sur le mérou sont la chasse sous-marine et la pêche à la palangre, note le professeur Patrice Francour, directeur adjoint du laboratoire écomers. Le mérou fait partie des prédateurs de haut niveau trophique, donc en haut de la chaîne alimentaire. La présence de tels prédateurs s’accompagne toujours d’une augmentation de la diversité en espèces. » Et du nombre de plongeurs ! Voir le mérou, c’est être sûr d’apercevoir également une multitude d’autres poissons.

Jusqu’à 100 euros pour l’observer

« On a fait une étude auprès des plongeurs habituels, des clubs, des touristes, explique la chercheuse en économie Zaineb Bounouas qui a également recueilli les résultats sur une plateforme en ligne. Ils sont prêts à payer de 3 à 100 euros de plus par sortie pour plonger avec le mérou. » Si ce poisson n’est plus là, ces passionnés iront peut-être plonger ailleurs. Loin de la Côte d’Azur et ils plomberont potentiellement le tourisme niçois.

« Parmi les 280 réponses traitées, 74 % des personnes sont prêtes à se déplacer pour voir le mérou, jusqu’à parcourir 584 km, précise Zaineb Bounouas. Il tient une place énorme dans le tourisme de la plongée. » Et pour cause : le mérou occupe la première place des poissons les plus recherchés.