L'arrestation d'une cadre de Huawei au Canada secoue les Bourses mondiales

COMMERCE Le spectre d'une extradition vers les Etats-Unis relance les craintes de guerre commerciale avec la Chine...

P.B. avec AFP

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Une photo de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, affichée dans une boutique de l'entreprise en Chine.
Une photo de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, affichée dans une boutique de l'entreprise en Chine. — Ng Han Guan/AP/SIPA

Le CAC 40 a dévissé de 3,3 %, jeudi. A la mi-journée, le Dow Jones plongeait de 500 points (2 %) après en avoir déjà perdu 800 mardi. La nervosité des marchés financiers a été relancée par l’arrestation au Canada de la directrice financière de Huawei, le géant chinois des smartphones.

Une extradition vers les Etats-Unis, où elle est soupçonnée d’avoir enfreint les sanctions américaines contre l’Iran, pourrait en effet relancer la guerre commerciale entre Washington et Pékin, alors qu’une trêve semblait se dessiner entre Donald Trump et Xi Jinping.

La fille du fondateur de Huawei

Meng Wanzhou, 46 ans, est la directrice financière de Huwaei, et la fille du fondateur et directeur général du groupe, Ren Zhengfei. Autrement dit, son arrestation, le 1er décembre à Vancouver, au Canada, qui a été confirmée mercredi, est un sujet hautement sensible.

Les Etats-Unis réclament son extradition et une audition pour sa remise en liberté conditionnelle doit avoir lieu vendredi, selon le ministère de la Justice canadien. Selon des informations de presse, Washington soupçonnerait Mme Meng de violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Mesures de représailles ?

Son arrestation intervient quelques jours après l’annonce d’une trêve dans la guerre commerciale sino-américaine, qui pèse déjà sur la croissance mondiale. Mais après avoir affiché son optimisme, Donald Trump avait fait plonger les marchés, mardi, avec un tweet indiquant qu’il y aurait « peut-être un accord avec la Chine, ou peut-être pas ».

https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1070110615627333632

L’arrestation de Meng Wanzhou complique une situation déjà tendue. « Nous exigeons des deux parties que des clarifications nous soient fournies au plus vite quant au motif de cette détention », a déclaré jeudi Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, en demandant à nouveau la remise en liberté « immédiate » de la vice-présidente de Huawei.

« Non seulement l’arrestation de Mme Meng met à mal les négociations commerciales » entre Washington et Pékin, mais « elle alimente la crainte de voir la Chine prendre des mesures de rétorsion contre des entreprises américaines installées en Chine », a aussi remarqué Patrick O’Hare, analyste chez Briefing. L’été dernier, Donald Trump avait in extremis sauvé le chinois ZTE. Il pourrait bien utiliser Huawei comme monnaie d’échange.