Smic: Non, il ne va pas augmenter de 3% au 1er janvier 2019

REVALORISATION Au 1er janvier prochain, le smic, qui s’évalue actuellement à 1.498,47 euros brut mensuels et 1.184,93 euros en net, sera revalorisé d’environ 1,8 %…

Manon Aublanc

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Edouard Philippe, le 4 décembre 2018 à Paris.
Edouard Philippe, le 4 décembre 2018 à Paris. — AFP

« Nous constaterons une hausse de 3 % du smic net au 1er janvier », soit l'« une des plus importantes de ces vingt-cinq dernières années », a déclaré Edouard Philippe, ce mardi, lors des annonces du gouvernement pour calmer la grogne des « gilets jaunes ». Mais selon Le Parisien, les 1,65 million de smicards en France ne verront réellement une hausse de 3 % au bas de leur fiche de paie.

L’annonce a pu prêter à confusion. Au 1er janvier prochain, le smic, qui s’évalue actuellement à 1.498,47 euros brut mensuels et 1.184,93 euros en net, sera revalorisé d’environ 1,8 %. Jusque-là rien d’anormal : chaque année, le salaire minimum de croissance (Smic) bénéficie d’une hausse mécanique au 1er janvier, calculée selon deux critères : l’inflation constatée pour les 20 % de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE). Autrement dit, aucun coup de pouce.

« On ne peut pas vivre avec ça »

« Notre politique, ce n’est pas de faire des coups de pouce au smic, notre politique c’est de faire en sorte que le travail paie », avait déclaré le chef du gouvernement fin novembre sur BFMTV, ajoutant qu’il n’y aurait « pas de coup de pouce supplémentaire » en janvier 2019. Mais alors pourquoi le Premier ministre a-t-il évoqué le chiffre de 3 % ? Outre la revalorisation du smic de 1,8 %, le gouvernement intègre en réalité, dans son calcul, la disparition des cotisations salariales, intervenue début octobre, et la hausse de la « prime d’activité », passée de 531,51 euros à 551,51 euros.

Par exemple, la disparition des cotisations salariales a permis aux salariés touchant le smic de gagner 23 euros net de plus par mois. Pourtant, de nombreuses personnalités politiques avaient réclamé une revalorisation significative du smic. « On ne peut pas vivre avec ça », avait déclaré mi-novembre, Philippe Martinez, le patron de la CGT.

« Ce pays croule sous la pression fiscale et la réglementation »

Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France avait demandé, en juin dernier, une hausse de « 20 % » pour que « le travail permette de mieux gagner sa vie », arguant qu’un « électrochoc de 10, 15 ou 20 % » était nécessaire. Mardi, le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, avait, lui, plaidé en faveur d’une augmentation du smic et de la baisse des cotisations des entreprises.

Le patron des patrons s’était dit favorable à une hausse, il avait mis en garde contre les « destructions d’emplois » qui pourraient résulter d’une hausse « payée par les entreprises ». « Ce pays croule sous la pression fiscale et la réglementation », a-t-il expliqué, réclamant l’abaissement des charges pesant sur le secteur privé. L’annonce officielle de la revalorisation du salaire minimum devrait avoir lieu le 14 décembre, jour de l’appel à la mobilisation lancé par la CGT.