Gironde: Ford donne jusqu'au 10 décembre à Punch pour revoir son offre de reprise

EMPLOI Selon Philippe Poutou, leader CGT de l'usine girondine, Ford n'ose pas dire non maintenant après tous les signaux envoyés par l'Etat pour qu'une reprise du site de Blanquefort par Punch ait lieu...

Elsa Provenzano

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Une assemblée générale et une manifestation sont prévues sur le site Ford de Blanquefort ce lundi. / AFP PHOTO / Nicolas TUCAT
Une assemblée générale et une manifestation sont prévues sur le site Ford de Blanquefort ce lundi. / AFP PHOTO / Nicolas TUCAT — AFP
  • Ford prolonge jusqu’au 10 décembre le délai pour que Punch affine son offre de reprise de l’usine de Blanquefort en Gironde.
  • Philippe Poutou estime que c’est notamment grâce à la pression mise par l’Etat et entend profiter de ce délai pour continuer la bataille pour la sauvegarde du site.

Ce mercredi, une réunion du comité d’établissement de Ford s’est tenue alors que le délai donné à l'équipementier Punch pour réviser son offre de reprise du site de Blanquefort en Gironde avait expiré. A l’issue, Ford a indiqué accorder jusqu’au 10 décembre à l’équipementier Belge pour affiner son projet de reprise, pointant plusieurs risques financiers et une protection insuffisante des salariés. Un dernier point qui fait bondir Philippe Poutou, leader CGT du site, qui parle d’un certain cynisme à souligner les aspects négatifs de l’offre au nom de la protection des salariés contre le chômage.

Le site compte aujourd’hui environ 830 salariés et le plan de Punch​ prévoit de conserver 400 emplois sur le site, proposant pour les autres des départs volontaires à la retraite et des reclassements au sein de Getrag Ford Transmissions.

« Ford ne dit pas oui »

Les syndicats se gardent bien de crier victoire à ce stade. Si Ford donne un peu de temps à Punch c’est surtout « le résultat des agissements de l’Etat et de notre bataille, analyse Philippe Poutou. Au moins on contient les ardeurs destructrices de Ford mais Ford ne dit pas oui ». Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’était déplacé à Bordeaux en octobre pour marteler que rien ne justifiait une fermeture sèche du site, et plus récemment, sa secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher.

Ce nouveau délai permet néanmoins de gagner un peu de temps et pour les syndicats, de continuer leur bataille pour sauver l’usine. « Cela annonce des réunions difficiles, des bras de fer multiples et une pression sur nous, alors que c’est à Ford de donner de la production pour les trois années de transition, afin de rendre plus sûre cette reprise », résume Philippe Poutou.