Gironde: Dernière ligne droite, Ford va-t-il accepter le plan de reprise de Punch pour son usine de Blanquefort?

EMPLOI Les syndicats sont reçus en préfecture ce vendredi. Il leur est demandé de faire des concessions sur les salaires et les RTT, pour rendre plus solide l'offre de reprise...

Elsa Provenzano

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Les syndicats étaient conviés à une réunion en préfecture ce vendredià Bordeaux. Credit:UGO AMEZ/SIPA/1810151912
Les syndicats étaient conviés à une réunion en préfecture ce vendredià Bordeaux. Credit:UGO AMEZ/SIPA/1810151912 — SIPA
  • Ford va devoir très prochainement faire connaître sa décision concernant l’offre de reprise de Punch.
  • Ford verrait d’un meilleur œil l’offre révisée de Punch mais on ne sait pas encore s’il est prêt à l’accepter.
  • Les syndicats dénoncent «une sorte de chantage» visant à leur faire accepter une dégradation de leurs conditions salariales afin de donner une chance à cette offre révisée d'aboutir. 

L'ultimatum lancé par Ford à l’équipementier Punch pour modifier son offre de reprise de l’usine Ford de Blanquefort devait expirer ce vendredi, la date butoir a finalement été légèrement reportée au 25 novembre. « Le 28 novembre, il y a une réunion du comité d’établissement et Ford donnera alors une réponse définitive », précise Fabrice Devanlay, chargé de la communication Ford France.

Il rappelle que le processus dit d’information consultation qui impose à Ford de rechercher un repreneur se tient jusqu’au 18 décembre. Le calendrier se resserre et le sort des 830 salariés de l’usine devrait être scellé prochainement.

Le groupe belge Punch a proposé dans sa première offre de maintenir 400 emplois sur le site dans les deux ans suivant la reprise. Trois cents à 350 employés partiraient en préretraite et 100 à 150 seraient transférés vers Getrag Ford Transmissions (à Blanquefort). Ford avait alors décliné cette première offre, estimant qu’elle  n'apportait pas assez de « sécurité et de protection » aux salariés.

Du « chantage » auprès des salariés

Selon les informations de 20 Minutes, l’offre révisée de Punch serait jugée plus satisfaisante pour Ford à condition qu’il soit libéré de toute contrainte et n’assure pas une véritable transition sur le site, laissant une enveloppe à Punch pour gérer la situation. Pour convaincre Ford d’accepter l’offre révisée, l’Etat demande aux syndicats de se plier aux exigences de Punch, c’est-à-dire le gel des salaires pendant quatre ans, des RTT en moins, et une modulation du temps de travail « sans aucune garantie en échange », regrettent les syndicats dans leur communiqué.

« Il y a une sorte de chantage qui revient à dire : soit c’est Pôle emploi, soit vous acceptez des salaires plus bas, s’insurge Philippe Poutou, représentant CGT de l’usine girondine. Mais on ne va pas nous faire gober que la reprise se joue sur nos salaires ou nos RTT, ce n’est pas comme si on avait des revenus de 3.000 ou 4.000 euros : on est à moins de 2.000 euros ».

Avant de demander aux syndicats et à Punch de finaliser un accord, Véronique Ferreira, maire de Blanquefort (PS), estime qu’il faut au préalable l’accord de Ford. « Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs », prévient-elle.

Une manifestation de soutien samedi

La reprise étant souhaitée vivement par les collectivités, l'Etat et le repreneur lui-même, les syndicats espèrent avoir une marge de manœuvre pour éviter qu’elle ne se fasse au détriment des conditions salariales des employés.

Une manifestation est organisée ce samedi matin pour demander à Ford d’accorder du temps à Punch pour affiner son business plan. La marche rejoindra la mairie de Blanquefort. « Il est essentiel qu’une activité industrielle persiste pour sauver les emplois de Ford mais aussi ceux des sous-traitants et les 1.300 emplois de l’usine voisine GFT, dont Ford, qui détient 50 % des actions est l’unique client. La fermeture aurait donc des conséquences très graves avec des répercussions sur tout le territoire girondin », rappelle la municipalité.