VIDEO. «Gilets jaunes»: Les commerçants craignent un nouveau «week-end catastrophique» en plein «Black Friday»

ECONOMIE Les commerçants de la zone commerciale de Plan de Campagne craignent, en cette veille de «Black Friday», que les blocages des «gilets jaunes» portent encore atteinte à leurs activités... 

Mathilde Ceilles

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La zone commerciale de Plan de Campagne dans les BDR ouverte le dimanche
La zone commerciale de Plan de Campagne dans les BDR ouverte le dimanche — P.MAGNIEN/20MINUTES
  • La zone commerciale de Plan de Campagne a été bloquée le week-end dernier par les «gilets jaunes».
  • De nouveaux blocages se profilent pour le week-end à venir, celui du «Black Friday».
  • Les commerçants sont inquiets et demandent l'intervention des forces de l'ordre.

« Aujourd’hui, les commerçants sont apeurés. On aborde le week-end prochain en lisant les réseaux sociaux avec une crainte d’un nouveau blocage sur la zone qui serait catastrophique pour nous, surtout sur un week-end “ Black Friday”. » L’inquiétude de Pierre Pedreno est palpable. Ce commerçant est président de l’association Centre de vie régional (CVR), qui regroupe plus de 350 enseignes de la zone commerciale de Plan de Campagne, dans les Bouches-du-Rhône.

Située entre Aix et Marseille, la plus grande zone commerciale de la région Paca, et l’une des plus grandes de France, a fait l’objet de blocages de la part des «gilets jaunes» jusqu’à mardi, et pourrait être de nouveau bloqué dans les jours à venir.

« L’ensemble des commerçants de Plan de Campagne a vécu le week-end dernier un week-end catastrophique, avec une baisse du chiffre d’affaires et de fréquentation de 80 % le samedi et de 50 % le dimanche, explique Pierre Pedreno. A Sport 2000 par exemple, il devait faire ce week-end 130.000 euros de chiffre d’affaires, et il n’en a fait au final que 15.000. »

CDD écourtés et contrats de renfort annulés ?

« Or, 25 % du chiffre d’affaires annuel se fait à partir du “Black Friday” jusqu’au 25 décembre, affirme Olivier Bouveri, salarié chez Boulanger et représentant des 7.000 salariés de la zone. Une partie des commerçants vont jouer leurs chiffres d’affaires de fin d’année. »

« Pour le “Black Friday”, on attend habituellement 60.000 véhicules le vendredi, 80.000 le samedi et encore 80.000 le dimanche, abonde Pierre Pedreno. C’est 25 % du chiffre d’affaires du mois ! » Des blocages qui pourraient avoir des conséquences en termes d’emploi, selon lui, avec des CDD écourtés et des contrats de renfort annulés.

« Nous devons pouvoir travailler »

« On est pris en otage par rapport à des annonces du gouvernement, estime Audrey Lucchimacci, présidente de la fédération des commerçants des Bouches-du-Rhône et vice-présidente du syndicat patronal CPME 13. On a fait à la CPME un appel à l’apaisement pour avoir un moratoire sur cette décision d’augmentation des taxes afin de prendre une décision en concertant toutes les personnes impactées. »

Et d’ajouter : « A titre personnel, je ne suis pas contre ce mouvement car il faut entendre ces Français qui sont au bout du rouleau. C’est plutôt un geste désespéré. Nous, commerçants, devons pouvoir travailler et les policiers doivent pouvoir se responsabiliser face à ce mouvement citoyen. »

« Une perte de pouvoir d’achat pour les salariés » de Plan de Campagne

Les commerçants lancent en effet un appel aux autorités. « La chambre de commerce a alerté la préfecture pour dire qu’on ne peut pas prendre le risque qu’arrive le week-end prochain ce qui est arrivé le week-end dernier, explique Maurice Wolff, vice-président de la chambre de commerce et d’industrie Marseille-Provence. » Un courrier a été adressé en ce sens au préfet de police.

« Plan de Campagne est véritablement un poumon économique et commercial du territoire, analyse-t-il. C’est 350 petits commerçants. Quand on voit les salariés qui ne peuvent pas accéder à leurs lieux de travail, c’est clairement une perte de pouvoir d’achat pour ces salariés. »

« Le week-end dernier, l’Etat a laissé faire en pensant que ce serait que sur une seule journée, accuse Pierre Pedreno. Nous attendons de l’Etat qu’il assume son rôle et prenne ses responsabilités. » Contactée, la préfecture de police inique qu'elle n'a pour l'heure reçu aucun courrier de la part de ces commerçants.

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