«Ras-le-bol d’être matraqués pour consommer toujours plus»… Le succès du «Black Friday» ne fait pas l’unanimité

VOUS TEMOIGNEZ Le « Black Friday » devrait encore séduire plus de consommateurs ce vendredi. Mais de nombreux internautes de «20 Minutes» fustigent ce concept lancé en France en 2013...

Nicolas Raffin

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Des soldes aux Etats-Unis (Illustration).
Des soldes aux Etats-Unis (Illustration). — Elaine Thompson/AP/SIPA
  • Le « Black Friday » se déroulera ce vendredi.
  • L’année dernière, les ventes en ligne ont massivement augmenté à cette période.
  • De nombreux internautes rejettent pourtant ce symbole de la consommation.

Importé des Etats-Unis, le « Black Friday » séduit de plus en plus en France. Centré autour du vendredi 23 novembre cette année, son concept est simple : offrir des promotions sur des produits neufs et souvent chers, un mois avant Noël. Dès ce lundi, les messages annonçant des opérations promotionnelles spéciales ont d’ailleurs commencé à tomber dans les boîtes mails afin d’appâter les clients.

Une offensive publicitaire rejetée par de nombreux internautes de 20 Minutes. « Ras-le-bol d’être matraqués pour consommer toujours plus de futilités, quand on a à peine les moyens pour l’indispensable ! Pourvu que ce soit un gros flop ! », espère Sylvie. « La bêtise commerciale n’a pas de limite, s’exclame un internaute. Ce terme ridicule [Black Friday] passe en boucle sur toutes les publicités à la radio. Cela ressemble étrangement à du harcèlement ! »

Des ventes qui pourraient dépasser le milliard d’euros

D’autres sont sceptiques sur les soi-disant bonnes affaires de la période : « « Le Black Friday, c’est du marketing trompeur, limite arnaque, témoigne un lecteur de 20 Minutes. Les produits sont surévalués pendant 30 jours avant la promo et artificiellement baissés ensuite. Et encore, il s’agit principalement de produits chers ou invendables qui sont proposés à la vente. Sûrement pas ce qui va me décider à acheter ».

Même si les commentaires reçus sont globalement très critiques sur le phénomène, plusieurs chiffres montrent pourtant un réel engouement des consommateurs. En novembre 2017, Cdiscount (groupe Casino) a par exemple réalisé 43 millions d’euros de volume d’affaires en 24h, soit « cinq fois une journée normale ». Un « record historique » pour le site de commerce en ligne.

Sur Amazon, deux millions d’articles ont été commandés en une seule journée (+40 % par rapport à 2016). Et cette année, les perspectives sont ébouriffantes : selon la Fevad (fédération du e-commerce et de la vente à distance), les ventes devraient atteindre 1,3 milliard d’euros en ligne sur quatre jours. Au total, d’après un sondage YouGov pour le site spécialisé dans le « cash back » Poulpeo, plus d’un Français sur deux a l’intention de faire des achats durant cette période (51 %, contre 32 % en 2016).

« Cette invitation à acheter me met hors de moi »

Beaucoup de consommateurs sont néanmoins sceptiques sur l’utilité du « Black Friday ». « On nous dit de faire attention à la planète, et on nous invente des jours de l’année ou il faut consommer un maximum, renouveler une TV qui marche parfaitement sous prétexte qu’elle est 4K, ou avec 5 pouces de plus » écrit un internaute.

Pour Sylvie, c’est même le modèle global qu’il faut questionner : « cette invitation à acheter, acheter, consommer me met hors de moi. Stop à la surconsommation dans un monde où les liens sociaux se délitent. Ce vendredi je n’irai que dans des commerces équitables et producteurs locaux. »

Pour ceux qui céderont à la tentation du Black Friday, attention aux arnaques. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a publié sur son site dix conseils à l’attention des acheteurs en ligne : « prenez le temps de comparer, attention aux faux avis, soyez vigilants sur les garanties, suivez votre livraison », ou bien encore… « préférez un site français ou européen ».