Réunion de préparation pour le 17 novembre de gilets jaunes, devant un supermarché du 77 novembre 2018
Réunion de préparation pour le 17 novembre de gilets jaunes, devant un supermarché du 77 novembre 2018 — NICOLAS MESSYASZ/SIPANICOLAS MESSYASZ/SIPA

MOBILISATION

VIDEO. «Gilets jaunes»: Le patronat appelle à ne pas «bloquer» l'économie

D’après le cabinet Nielsen, les hypermarchés et supermarchés ont vu leur chiffre d’affaires baisser de 35 % en moyenne, ce samedi, en raison des blocages…

« Le pire serait d’organiser un blocage de l’économie et d’aggraver la situation générale ». Des organisations professionnelles et patronales ont appelé, ce lundi, à l'« apaisement » dans le conflit opposant les « gilets jaunes » au gouvernement, estimant que l'« exaspération » des manifestants ne devait pas conduire à un « blocage de l’économie ».

« Nos entreprises sont totalement concernées par la hausse des prix des carburants et je comprends le mécontentement exprimé par les "gilets jaunes" », a assuré dans un communiqué le président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), Alain Griset. « Néanmoins le pire serait d’organiser un blocage de l’économie et d’aggraver la situation générale », a ajouté le responsable patronal, appelant à « cesser toute action de blocage qui conduirait à mettre en danger nos entreprises ».

Un chiffre d’affaires en baisse samedi pour les supermarchés

D’après le cabinet Nielsen, les hypermarchés et supermarchés ont vu leur chiffre d’affaires baisser de 35 % en moyenne, ce samedi, en raison des fermetures de points de vente et du blocage des accès à certains magasins. « Si certains commerçants ont pu récupérer dimanche une partie de l’activité perdue la veille, ce report n’est pas suffisant : au global sur le week-end, la perte de chiffre d’affaires est d’au moins 30 % », assure, de son côté, le Conseil du commerce de France dans un communiqué.

« À quelques jours du Black Friday qui doit relancer une activité en berne depuis plusieurs mois, les commerçants craignent la poursuite d’un mouvement qui n’est ni organisé, ni maîtrisé et pour lequel aucune anticipation n’est possible », poursuit le Conseil du commerce de France. Ce dernier a donc demandé au gouvernement de « rétablir l’accès aux commerces », « particulièrement impactés » par les « désordres » liés aux manifestations.

Les entreprises font « les frais d’une situation dont elles ne sont en rien responsables »

Selon l’U2P, qui rassemble artisans, commerçants et professions libérales, « les chefs d’entreprise de proximité et leurs salariés ont un besoin impératif de se déplacer, le plus souvent en véhicule ». Les blocages ne sont pas « sans conséquence » pour « le monde économique », a estimé de son côté la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), regrettant que les entreprises « fassent les frais d’une situation dont elles ne sont en rien responsables ».

« C’est pourquoi la CPME appelle à l’apaisement et réclame un geste fort du gouvernement, sous forme d’un moratoire stoppant l’application des nouvelles augmentations de taxes sur les carburants », a ajouté l’organisation patronale, appelant par ailleurs les pouvoirs publics à assurer « la liberté de circulation et de travailler ». Selon le ministère de l’Intérieur, près de 20.000 manifestants étaient encore mobilisés ce lundi sur quelque 350 points de blocage, contre 290.000 manifestants comptabilisés samedi sur plus de 2.000 sites.