Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a "maintenu" lundi ses propos de jeudi sur une éventuelle hausse de taux en juillet, qui ont entraîné un bond de dix dollars du baril de brut, affirmant qu'elle n'était "pas certaine mais possible".
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a "maintenu" lundi ses propos de jeudi sur une éventuelle hausse de taux en juillet, qui ont entraîné un bond de dix dollars du baril de brut, affirmant qu'elle n'était "pas certaine mais possible". — Eric Piermont AFP/archives

ECONOMIE

«Jean-Claude Trichet nous mène vers une crise économique»

L’économiste Marc Touati lance une pétition sur le Web, «Stoptrichet.com», pour dénoncer une éventuelle hausse des taux d’intérêts. Interview

«Stoptrichet.com», c’est le nom donné à la pétition que lance l’économiste Marc Touati ce vendredi pour sensibiliser l’opinion sur une possible hausse des taux d’intérêts par la Banque Centrale européenne. Pour lui, ce verdict qui tombera le 3 juillet pourrait s’avérer dangereux pour l’économie européenne. Interview.

Pourquoi avez-vous lancé votre pétition stoptrichet.com?
Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a annoncé qu’il était probable qu’il augmente les taux d’intérêts pour lutter contre l’inflation. Il pousse à un mécanisme qui nous mène vers une crise économique encore plus forte.

En quoi la hausse des taux d’intérêts peut-elle nuire à la santé économique ?
Cela a une influence sur la consommation des ménages, or, depuis 2001, on compensait la crise grâce à la consommation: les ménages continuaient à consommer par l’endettement. Ainsi, ceux qui ont fait des emprunts à taux variables verront leurs remboursements augmenter. Quant à ceux qui souhaiteraient faire un crédit, cela devrait être plus compliqué : les crédits vont être limités par les banques. De plus, augmenter les taux d’intérêts incite à l’épargne. Or, celle-ci ne crée pas de richesses, donc ne stimule pas l’économie. On prend donc le risque d’avoir une récession.

La BCE serait-elle alors prête à sacrifier la croissance pour faire baisser l’inflation?
Oui, elle incite à s’embourber dans une crise économique, car elle préfère appliquer des dogmes pour enrayer l’inflation au lieu d’être pragmatique.

La banque fédérale américaine, (FED) applique-t-elle une autre politique ?
La FED a préféré faire baisser ses taux après la crise des subprimes. Si elle ne l’avait pas fait, on serait retourné à la crise de 1929.

L’inflation est-elle un mal absolu?
Elle ne l’est pas lorsqu’elle tourne autour de 3%, (le taux actuel). Cela peut le devenir, lorsqu’il s’agit d’hyperinflation, comme dans les années 80, lorsqu’on avait 15% d’inflation.