Assurance chômage: A l'ouverture des débats, les syndicats tracent leurs lignes rouges

EMPLOI L’exécutif demande aux partenaires sociaux de faire entre 3 et 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans...

20 Minutes avec AFP

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Denis Gravouil, négociateur de la CGT, a déchiré sa lettre de cadrage (image d'illustration).
Denis Gravouil, négociateur de la CGT, a déchiré sa lettre de cadrage (image d'illustration). — JACQUES DEMARTHON / AFP

La CGT a annoncé la couleur lors de l’ouverture des négociations sur l’assurance chômage. Le négociateur Denis Gravouil a déchiré la lettre de cadrage du gouvernement devant les caméras, alors que les autres partenaires sociaux ont réaffirmé leur volonté d’aboutir et leurs lignes rouges, à ne pas franchir.

Ambiance avant les premiers échanges. Denis Gravouil, négociateur pour la CGT, a indiqué qu’il arrivait avec « ses propositions pour éradiquer la précarité » puis a déchiré la lettre de cadrage « en petits morceaux » devant les caméras. « Il n’est pas question de respecter les économies sur les droits des chômeurs », a-t-il martelé. L’exécutif demande aux partenaires sociaux de faire entre 3 et 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans.

Pas de « baisse de droits » pour la CFDT

Marylise Léon, négociatrice pour la CFDT, a expliqué que « le temps était contraint » mais « suffisant » jusqu’à mi-janvier pour essayer de s’accorder. Pour son organisation, « la première ligne rouge est la dégressivité » des allocations, une des pistes dans le débat. « On ne rentrera pas dans les discussions qui entraîneraient des baisses de droits, notamment des plus précaires », a-t-elle résumé.

Sur la question des contrats courts, Marylise Léon a indiqué que la CFDT était favorable à ce que « les branches travaillent sur la refonte de leur façon de recruter ». « Si les branches ne répondent pas présentes, nous demanderons la mise en place d’un bonus-malus », a-t-elle ajouté.

Pour Force ouvrière, Michel Beaugas a expliqué qu’il fallait « préserver jusqu’au bout les droits des demandeurs d’emploi ». Jean-Michel Pottier (CPME) a évoqué de son côté les « deux épouvantails » de cette négociation : « le bonus-malus côté employeurs et la dégressivité côté salariés ». « On peut peut-être travailler sur autre chose, comme faciliter le retour à l’emploi. Car si on veut diminuer le coût du régime d’assurance chômage, la meilleure façon est de faire baisser le chômage », a-t-il plaidé.