Les partenaires sociaux entament les (difficiles) négociations sur l'assurance chômage

NEGOCIATIONS Fin septembre, l’exécutif a annoncé la couleur : il faudra faire entre 3 et 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans…

20 Minutes avec AFP

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Laurent Berger, le secrétaire général de CFDT face aux ministres du gouvernement (image d'illustration).
Laurent Berger, le secrétaire général de CFDT face aux ministres du gouvernement (image d'illustration). — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La discussion s’annonce animée entre les syndicats et le patronat. Les négociations sur l’assurance chômage reprennent ce vendredi après-midi. Un programme chargé avec un objectif fixé par l’Etat : trouver plusieurs milliards d’euros d’économies. Fin septembre, l’exécutif a annoncé la couleur, il faudra faire entre 3 et 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Objectifs principaux affichés : accélérer le retour à l’emploi, réduire la précarité et désendetter l’Unédic.

Les partenaires sociaux ont déjà planché en 2018 sur une réforme qui a permis d’élargir l’indemnisation à davantage de démissionnaires et dans certains cas aux indépendants, promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

Limiter les contrats courts

L’encre de cette réforme était d’ailleurs à peine sèche cet été que le président de la République leur a demandé de rouvrir le chantier et de réviser l’ensemble des règles d’indemnisation. La dernière convention d’assurance chômage, qui définit le cadre d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi, avait été négociée juste avant l’élection présidentielle et est entrée en vigueur il y a tout juste un an. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, refuse « l’approche budgétaire » de cette négociation.

Pour lui, l’important est de « maintenir un niveau d’indemnisation qui permette le retour à l’emploi, (…), un bon niveau d’indemnisation » et que soit traité le problème de « l’usage abusif des contrats courts ». Cette question va être le nœud principal de la négociation. Comment essayer d’enrayer la prolifération de ces contrats qui coûtent cher à l’Unédic ? Le candidat Macron avait promis d’imposer un « bonus-malus » pour pénaliser les entreprises qui en abusent, mais le gouvernement souffle le chaud et le froid sur cette promesse depuis plusieurs mois. Cette idée a toujours hérissé le patronat et les partenaires sociaux n’ont jamais réussi à se mettre d’accord.

Dégressivité du chômage pour les cadres

Les huit organisations syndicales et patronales, gestionnaires du régime d’assurance chômage, vont aussi se pencher sur la « permittence », c’est-à-dire l’alternance entre emploi et chômage, qui englobe plusieurs dispositifs comme la possibilité de cumuler une partie d’allocation et de salaire.

La révision du régime des intermittents est également en jeu. La question de la dégressivité des allocations, notamment pour les cadres, devrait elle aussi s’inviter à la table. « On peut tout ouvrir, tout regarder sans aucun tabou », a expliqué Hubert Mongon, négociateur assurance chômage pour le Medef.