Brexit: Pourquoi les entreprises bretonnes doivent se préparer à la sortie du Royaume Uni

COMMERCE Les secteurs agroalimentaires commercent régulièrement avec leur voisins britanniques...

Camille Allain

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Illustration de douaniers lors d'une opération sur une aire d'autoroute en Bretagne.
Illustration de douaniers lors d'une opération sur une aire d'autoroute en Bretagne. — C. Allain / 20 Minutes
  • La perspective d’une sortie sèche du Royaume Uni doit être anticipée par les entreprises françaises commerçant avec les Britanniques.
  • En Bretagne, de nombreuses sociétés sont concernées par le Brexit.
  • La direction régionale des douanes souhaite alerter les entrepreneurs et les invite à anticiper le Brexit, prévu le 29 mars.

Au fil des siècles, petits et grands bretons ont pris l’habitude de commercer ensemble. Et chaque jour, les ports de Saint-Malo, Roscoff ou Lorient voient des marchandises traverser la Manche dans les deux sens. En Bretagne, comme dans le Nord de la France, le Brexit pourrait avoir des conséquences importantes sur le business local, notamment pour toutes les entreprises commerçant avec l’outre Manche. « Le 29 mars à 23h, le Royaume Uni sera un pays tiers. Mieux vaut l’anticiper », martèle Pascale Buronfosse-Bjaï.

La directrice régionale des douanes ne sait pas plus qu’un autre si un accord sera trouvé d’ici là ou s’il faudra faire face à une sortie sèche de l’Union. Mais elle préfère prévoir le pire. « Cela fait des décennies que l’on vit et que l’on échange librement en Europe. C’est devenu tellement facile que bon nombre d’entreprises ne savent plus mettre en place une procédure de dédouanement. Elles doivent s’y préparer ».

Un formulaire à 54 rubriques…

L’an dernier, ce sont l’équivalent de 800 millions d’euros de marchandises qui ont été expédiées vers le Royaume Uni, soit 7 % des exportations bretonnes, son cinquième marché étranger. Jamais confrontées aux procédures douanières, certaines entreprises vont devoir déclarer tous leurs biens et remplir les 54 rubriques du formulaire. « Notre objectif, c’est de ne pas ralentir les flux de marchandises. Nous avons des outils qui permettent une déclaration anticipée ou un report. Les douaniers peuvent même se déplacer pour contrôler la marchandise dans l’entreprise », promet Philippe Bonnafous, responsable du pôle d’action économique à la direction des douanes.

Si la plupart des démarches sont aujourd’hui dématérialisées, certains secteurs comme l’agriculture, l’agroalimentaire ou la pêche, qui pèsent lourd dans l’économie bretonne​, pourraient être confrontés à des contrôles sanitaires réguliers. « Cela nécessite des contrôles documentaires voire des contrôles physiques. Nous travaillons avec les gestionnaires des ports pour l’anticiper », promet Virginie Alavoine, de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF).

Un comité de pilotage vient d’être créé par la préfecture régionale pour épauler les entrepreneurs concernés par ce Brexit. Y-sont-ils préparés ? « On sent beaucoup d’attentisme », résume la directrice des douanes. Autant dire que non.