«La hausse du pouvoir d'achat en 2007, c'est du passé»

ECONOMIE Il a augmenté en 2007 de 3,3% selon L’Insee, mais devrait stagner en 2008 en raison de la conjoncture économique.

Valérie Zoydo

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Les inégalités sociales augmentent...
Les inégalités sociales augmentent... — DR

En annonçant un nouveau chiffre ce jeudi sur le pouvoir d’achat des Français, qui aurait augmenté de 3,3% en 2007 et de 2,6% en 2006, les statistiques de l’Insee résonnent d’un étrange contre-pied avec le ressenti des Français, le choc pétrolier et la crise alimentaire. «En réalité, ces chiffres n’ont rien à voir avec la réalité d’aujourd’hui, explique Marc Touati, économiste, et directeur général de Global Equities à 20 minutes.fr. Christine Lagarde s’en réjouit, mais c’est de la communication. La hausse du pouvoir d’achat en 2007, c’est du passé, ce qui compte, c’est l’avenir. Et en 2008, le pouvoir d’achat va stagner, voire baisser pour certaines catégories de la population».

Le pouvoir d’achat — qui correspond à l’augmentation des revenus auquel on soustrait l’inflation — devrait donc souffrir en 2008, avait expliqué mercredi à 20minutes.fr Elie Cohen, économiste au CNRS. Pour preuve, l’Insee annonçait justement le même jour une accélération record de l’inflation. Ainsi, la «hausse générale et durable des prix» a été de 0,5% en mai et a progressé de 3,3% en un an. Ce record n’avait pas été atteint depuis 1991.

«Avec une inflation galopante en 2008 et des revenus qui devraient a priori augmenter moins vite en raison des faibles prévisions de croissance, le pouvoir d’achat va mécaniquement stagner», confirme Marc Touati.

La classe moyenne est la principale victime

C’est la classe moyenne qui devrait être la plus touchée par la conjoncture économique. «50% des Français gagnent moins de 1.400 euros net par mois, et 12,1% de la population gagnent moins de 700 euros», s’inquiète Marc Touati.

Selon lui, si la Banque centrale européenne (BCE) décide d’augmenter les taux d’intérêts pour lutter contre l’inflation, la situation des classes moyennes pourrait s’empirer. Et pour cause, l’augmentation des taux d’intérêts stimule l’épargne, fait baisser la consommation, et limite la croissance. Alors quelle solution ? «Il faudrait faire une politique de relance et baisser la pression fiscale», suggère Marc Touati.