Reconversion professionnelle: Qui change de métier et dans quelles conditions?

EMPLOI Une étude de la Dares s’est intéressée à l’évolution professionnelle de milliers de personnes…

Nicolas Raffin

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Des jeunes en apprentissage à l'Institut National de Boulangerie et de Patisserie (INPB) le 20 novembre 2012 à Rouen
Des jeunes en apprentissage à l'Institut National de Boulangerie et de Patisserie (INPB) le 20 novembre 2012 à Rouen — Charly Triballeau AFP
  • La Dares a comparé les emplois occupés par 13.900 personnes entre l’année 2010 et l’année 2015
  • Près d’un quart d’entre elles a changé de métier en cinq ans.
  • Certains secteurs professionnels sont plus ouverts que d’autres à la mobilité.

Les Français changent-ils souvent de métier ? Une étude de la Dares publiée ce mardi apporte un éclairage sur cette interrogation. Pour chaque travailleur étudié, les auteurs de l’étude ont comparé le métier exercé en 2015 par rapport à celui exercé en 2010. L’échantillon de 13.900 personnes permet d’avoir une bonne représentativité des 17,1 millions de Français qui étaient en emploi à cette période.

Selon la Dares, 22 % des personnes en emploi ont changé de métier entre 2010 et 2015. Ce changement concerne d’abord les plus jeunes (20-29 ans) et les salariés en CDD. « Pour les personnes en début de carrière, plus souvent touchées par le déclassement, un changement d’emploi peut constituer une opportunité de rattrapage » note l’étude.

Des métiers à « fort investissement »

Tous les domaines ne sont pas égaux face à la mobilité. Ainsi, ceux qui travaillent dans le domaine de l’électronique/électricité, de l’artisanat, ou encore du commerce sont nombreux à avoir changé de métier entre 2010 et 2015 (environ 30 % des effectifs). A l’inverse, des domaines professionnels comme l’agriculture, la pêche, la santé ou encore l’enseignement sont peu mobiles (entre 5 et 15 % des effectifs ont changé d’emploi).

Comment expliquer de telles différences suivant les secteurs ? « Les compétences requises dans l’électricité et l’électronique sont facilement transférables et utiles dans de nombreux autres métiers (câblage, contrôle) » note la Dares. A l’opposé, lorsqu’un métier nécessite un accès via un concours (enseignant, armée, police, médecin, sage-femme), le changement d’emploi sera beaucoup plus faible. « Ces métiers nécessitent un fort investissement (humain) à l’entrée » rappellent les auteurs de l’étude. Un « investissement » qui doit donc être « rentabilisé » via une carrière longue.

Une mobilité plutôt bénéfique

Reste une question importante. La mobilité est-elle bénéfique pour ceux qui changent de métier ? La réponse est plutôt positive. Quatre personnes sur dix qui ont un nouvel emploi appartiennent un groupe social plus élevé qu’auparavant. Seulement 20 % voient leur situation se dégrader. Et par ailleurs, remarque la Dares, « les personnes qui changent de métier perçoivent davantage une amélioration de leurs conditions de travail » que celles qui n’ont pas changé de place. Un argument qui pourra être repris par le gouvernement, qui cherche à développer la formation professionnelle.