Google, Apple, Facebook, Amazon... Paris «ouvert à un report» de la taxe sur les géants du numérique

COMMERCE En Europe, cette directive rencontre des résistances de la part de l’Irlande et des pays du nord qui profitent de l'installation des Gafa...

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Maire, le 23 octobre 2018 à Strasbourg.
Bruno Le Maire, le 23 octobre 2018 à Strasbourg. — FREDERICK FLORIN / AFP

C’est mal parti pour la taxe sur les bénéfices des géants du numérique. Alors que ce projet reste un des chevaux de bataille d’ Emmanuel Macron, le ministre français des Finances s’est dit ce mardi « ouvert à un report de [son] entrée en vigueur » dans l’Union européenne. Cette directive rencontre des résistances de la part de l’Irlande et des pays du nord de l’Europe.

En arrivant à une réunion des 28 ministres des Finances de l’UE à Bruxelles, Bruno Le Maire a déclaré à l’AFP : « la directive doit être adoptée en décembre 2018 au dernier Conseil européen de cette année, mais nous sommes ouverts à un report de l’entrée en vigueur pour laisser le temps à l’OCDE de faire une proposition plus complète. »

Attiser un conflit commercial avec les Etats-Unis

Sur ce point-là, il semble désormais d’accord avec son homologue allemand Olaf Scholz, qui avait prôné lundi la mise en œuvre d’une solution européenne. Au départ, la France et la Commission européenne prônaient d’abord la mise en place d’une solution européenne provisoire, jusqu’à ce qu’une solution internationale soit trouvée.

A Berlin, beaucoup craignent que si cette taxe voyait le jour, elle pourrait attiser le conflit commercial entre les Etats Unis et l’UE, puisque les principales entreprises touchées seraient américaines. Il y a une semaine jour pour jour, des patrons d’entreprises numériques européennes comme Spotify, Booking.com ou Zalando avaient également exprimé leur « grave préoccupation » face à ce projet de taxe.

Dans l’UE, il faut l’unanimité de tous les pays pour adopter une décision sur la fiscalité, ce qui rend toute réforme très difficile. Actuellement, les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), comme d’autres grandes entreprises multinationales, s’arrangent pour réaliser plus de bénéfices dans les pays où le taux d’imposition est le plus faible. Des initiatives pour taxer les géants du numérique ont été déjà été prises au Royaume-Uni, en Inde et à Singapour et des projets sont en cours en Espagne et en Italie.