Airbnb: Les hôteliers français attaquent la plateforme en justice pour «concurrence déloyale»

IMMOBILIER Les professionnels de l’hôtellerie accusent Airbnb de violer la loi et de s’approprier ainsi la clientèle…

20 Minutes avec agence

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L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie attaque Airbnb en justice (illustration)
L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie attaque Airbnb en justice (illustration) — B. Colin / 20 Minutes

Pour marquer leur mécontentement face à une concurrence qu’ils estiment déloyale, les hôteliers ont décidé de passer à l’offensive. L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) intentent une action en justice contre Airbnb, rapporte Le Figaro.

L’Umih reproche à la plateforme de location de violer la réglementation en ne supprimant pas de son site les annonces illégales et, ainsi, de s’approprier des clients au détriment des hôteliers. L’audience doit se tenir en 14 février 2019 devant le tribunal de commerce de Paris.

Airbnb « interprète à sa façon la loi »

Depuis le 1er décembre 2017, la loi stipule que tout loueur de meublé touristique doit être enregistré et son numéro doit figurer sur l’annonce en ligne. Cette mesure permet de vérifier que les propriétaires ne dépassent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an (lorsqu’ils louent leur résidence principale). Les sites de location qui publient ces annonces doivent supprimer celles qui ne respectent pas la règle.

« Airbnb traîne des pieds et saisit toutes opportunités pour interpréter à sa façon la loi. La plateforme se contente de retirer les offres au-delà des 120 jours autorisés dans seulement quatre arrondissements de Paris, indique Laurent Duc, président d’Umih Hôtellerie française. C’est scandaleux. Ils font ce qu’ils veulent des textes ».

Un enjeu à plusieurs milliards d’euros

Airbnb a indiqué ne pas avoir encore « reçu les détails de cette assignation » mais déclare ne pas être « surpris de cette nouvelle tentative des lobbies hôteliers français, qui suit une longue série d’actions en justice, toutes infructueuses. Les lobbies hôteliers continuent à protéger leurs intérêts et à tenter de restreindre les droits des Français de bénéficier également du tourisme ».

Reste que, pour appuyer leur action, les professionnels ont relevé les annonces pour lesquelles les hôtes n’ont pas demandé à la mairie un numéro d’enregistrement, ont dépassé le seuil maximal des 120 jours par an ou ont vu leur logement sous-loué illégalement et que Airbnb n’a pas retirées de son site. L’audience est fixée au 14 février 2019. L’Umih réclame 143 euros de préjudice moral à titre symbolique.