Normandie: La région s'associe à un projet hydrolien dans le Raz Blanchard

ENERGIE La nouvelle structure, baptisée Normandie Hydrolienne, devra toutefois confirmer qu’il est possible de produire de l’électricité à un prix inférieur à celui des projets d’éolien en mer en développement au large des côtes françaises…

20 Minutes avec agences

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Hervé Morin, le président de la Région Normandie.
Hervé Morin, le président de la Région Normandie. — JEAN-FRANCOIS MONIER AFP

L’annonce intervient peu de temps après l’abandon par Naval Energies d’un précédent projet. La région Normandie s’est alliée avec Simec Atlantis Energy pour développer un nouveau projet hydrolien, a annoncé le groupe britannique.

Celui-ci a créé une co-entreprise avec plusieurs institutions régionales (agences de développement, fonds régional d’investissement) pour installer et exploiter plusieurs gigawatts dans la zone du Raz Blanchard, un des plus puissants courants marins au monde, indique-t-il dans un communiqué.

Les turbines construites dans la région

La nouvelle structure, baptisée Normandie Hydrolienne, sera détenue à majorité par Atlantis Energy. Les turbines utilisées devraient être construites et assemblées dans la région. Le montant des investissements prévus n’a pas été précisé.

L’objectif est de développer « jusqu’à 2 gigawatts d’électricité à partir du cours d’Aurigny, le détroit de huit milles qui s’étend entre l’île anglo-normande d’Aurigny et La Hague, ainsi que plus d’un gigawatt de ressources provenant de concessions adjacentes sous le contrôle des Etats d’Aurigny », a détaillé le groupe. La nouvelle structure doit toutefois obtenir des autorisations locales et nationales.

Confirmer la « faisabilité technico-économique »

Dans un premier temps, Normandie Hydrolienne devra aussi confirmer la « faisabilité technico-économique » des futurs parcs. Il faudra notamment voir s’il est possible de produire de l’électricité à un prix inférieur à celui des projets d’éolien en mer en développement au large des côtes françaises.

Atlantis Energy, qui exploite déjà des hydroliennes en Ecosse, « prévoit la livraison d’une capacité opérationnelle initiale de 1 GW dès 2025, qui pourrait être rapidement portée à 2 GW d’ici 2027 », a indiqué son PDG Tim Cornélius, cité dans le communiqué.

Un projet abandonné trois mois auparavant

La Normandie a consacré « beaucoup de temps, d’énergie et d’argent pour favoriser » le développement de l’hydrolien, a expliqué Hervé Morin, le président de la région. « Il est temps (…) de devenir pionnière dans la recherche d’une exploitation économique de cette source d’énergie abondante ».

Ce projet est annoncé trois mois après que Naval Energies a décidé de l’arrêt de ses investissements dans l’hydrolien. La faute, selon cette filiale de Naval Group (ex-DCNS) et Bpifrance, au manque de soutien public, l’Etat estimant cette technologie encore trop chère. Le groupe devait construire un parc pilote de sept hydroliennes avec EDF, ainsi qu’une usine à Cherbourg, financée en partie par les collectivités locales.