Nord: Altifort dévoile le détail de ses 172 millions d'investissements potentiels pour reprendre l’aciérie Ascoval

ECONOMIE Le principal candidat en lice pour reprendre l’aciérie de Saint-Saulve a rendu publics le chiffrage financier de son projet communiqué au tribunal de Strasbourg…

Mikael Libert

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L'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve, dans le Nord.
L'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve, dans le Nord. — F.Lo Presti/AFP
  • L’aciérie Ascoval attend une décision sur sa reprise ou sa mise en liquidation.
  • Vallourec, le propriétaire, a refusé l’offre du principal repreneur, Altifort.
  • Le coût total estimé de la reprise est estimé à environ 140 millions d’euros.

Mercredi, le tribunal de commerce de Strasbourg a reporté au 7 décembre sa décision au sujet de l’aciérie Ascoval, située à Saint-Saulve, dans le Nord. Pour s’opposer au projet de reprise de l’usine par l’industriel franco-belge Altifort, Vallourec, propriétaire de l’Ascoval, a avancé qu’il ne pouvait se plier aux demandes financières du potentiel repreneur. Ce dernier a donc mis les chiffres sur la table.

Son plan de financement de reprise, Altifort le chiffre à 172 millions d’euros. Cela comprend tout, y compris la création du fameux « train fil », fer de lance du projet qui devrait permettre la création de 133 emplois, en plus du maintien des 281 postes existants. Pour autant, la part qui est demandée à Vallourec est largement inférieure.

De l’argent public à hauteur de 62 millions d’euros

Sur cette somme de 172 millions, 35 millions proviennent de « fonds propres et de fonds quasi propres », dont 25 millions d’obligations convertibles.

Ensuite, Altifort assure qu’il peut lever auprès de banques privées un emprunt à hauteur de 40 millions d’euros. Néanmoins, cet emprunt ne sera possible que si Vallourec s’engage à verser ce qui lui est demandé. En complément, le repreneur a pris au mot le ministre de l’Economie et des Finances qui a promis « un euro d’argent public pour un euro d’argent privé ». Donc 40 millions sont attendus de la part de l’Etat.

Dans la case « argent public », la région des Hauts-de-France va aussi mettre la main à la poche à hauteur de douze millions d’euros et Valenciennes métropole dix millions.

La participation de Vallourec revue à la baisse

La part attendue de Vallourec, un temps chiffrée à 51 millions, a sensiblement baissé. On en est aujourd’hui à 35 millions, dont six de « passif social » et douze pour la remise en état des halles et des voies ferrées. Pour le solde, Altifort demande à Vallourec de s’engager à maintenir ses commandes d’acier à Ascoval pendant 18 mois, soit l’équivalent de 17 millions d’euros.

Vallourec ne s’est pas encore exprimé sur le chiffrage global revu à la baisse. En revanche, sur le maintien des commandes, Vallourec estime que ce serait « contraire à la préservation des intérêts du groupe », assurant que cet accord le contraindrait à acheter son acier « à des prix 30 % supérieurs à ses autres sources d’approvisionnement ».