Nord: «Vallourec, on va l'étouffer», annoncent les salariés d'Ascoval face au risque de fermeture de l'usine

ECONOMIE Les salariés d'Ascoval cessent le travail après avoir appris le refus d'une offre de reprise par leur maison mère, Vallourec...

G.D. avec AFP

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Les employés d'Ascoval protestent, le 23 octobre 2018, à l'entrée de l'usine de Saint-Saulve, dans le Nord
Les employés d'Ascoval protestent, le 23 octobre 2018, à l'entrée de l'usine de Saint-Saulve, dans le Nord — AFP

La colère monte à l’aciérie d’Ascoval. Les salariés de l'usine de Saint-Saulve, dans le Nord, ont « arrêté de travailler », ce mardi. Ils ont l’intention d'« étouffer » Vallourec, qui a refusé, la veille, l’offre de reprise portée par Altifort, a déclaré Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale d’Ascoval.

Deux candidats s’étaient manifestés pour la reprise d’Ascoval, placé en redressement judiciaire. Parmi ces candidats se trouvait le groupe franco-belge spécialisé dans les matériaux spéciaux Altifort, qui a fait « une offre ferme ». Vallourec, propriétaire d’Ascoval, a annoncé lundi qu’il ne lui était « pas possible » d’apporter le soutien demandé par Altifort, qu’il chiffre à 51 millions d’euros.

« Tout le monde a arrêté de travailler »

Jusqu’à présent, « on a été professionnels, dignes. Dorénavant, Vallourec ne pourra plus expédier aucun produit vers ses clients. Les voies ferrées sont barrées, Vallourec, on va l’étouffer (…) On a tout arrêté, tout le monde a arrêté de travailler », a assuré le porte-parole de la coordination syndicale, lors d’une table ronde organisée à Valenciennes avec le gouvernement, les élus et les représentants syndicaux de l’aciérie qui compte 281 salariés.

Interrogée par les journalistes à la sortie de la réunion, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, a estimé pour sa part que « ce n’était pas fini ». « Altifort et Vallourec, je souhaite qu’ils nous présentent des éléments d’évolution de leur plan (…) Notre responsabilité, c’est de trouver la meilleure équation de sortie », a-t-elle déclaré. Elle espère que le tribunal de grande instance de Strasbourg, qui doit statuer mercredi, prenne quelques jours pour rendre sa décision.

« Si Altifort est capable, avec notre appui, de continuer à monter un plan qui tienne la route, nous, on le soutiendra », a-t-elle promis. Créée en 1975 par Vallourec (dont l’Etat est actionnaire), l’aciérie de Saint-Saulve, spécialisée dans les aciers spéciaux, est devenue Ascoval en 2017.