Réforme des retraites: Delevoye veut maintenir l'âge de départ à 62 ans, avec de la «souplesse» pour les Français

DISCUSSIONS Le Haut-commissaire chargé de la réforme des retraites a estimé ce vendredi dans les colonnes du « Figaro » que les Français doivent pouvoir choisir la date de leur départ…

20 Minutes avec AFP

— 

Jean Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites, le 17 octobre 2018.
Jean Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites, le 17 octobre 2018. — SIPA

L’âge légal de départ en retraite restera fixé à 62 ans « mais il faut donner de la souplesse aux Français », a déclaré Jean-Paul Delevoye, dans un entretien au Figaro paru vendredi. Le Haut-commissaire, chargé de mener la réforme des retraites, a également évoqué le débat sur la pension de réversion pour les couples pacsés.

« La promesse du président durant la campagne est que l’âge de départ à la retraite reste fixé à 62 ans », rappelle Jean-Paul Delevoye. « Mais il faut donner de la souplesse aux Français pour choisir la date de leur départ et faire en sorte qu’ils puissent le faire de façon éclairée et informée », ajoute-t-il sans préciser comment il entend procéder. Le sujet divise les partenaires sociaux, consultés depuis un an par le Haut-commissaire. D’un côté, le Medef juge « indispensable » que le futur système de retraite « prenne en compte l’espérance de vie et d’éventuels gains de productivité », selon son président Geoffroy Roux de Bézieux.

Carrière et pénibilité

L’organisation patronale veut inciter les Français à travailler plus longtemps et plaide par conséquent pour un mécanisme « qui peut être l’âge pivot », sur le modèle des retraites complémentaires des salariés du privé : à partir de 2019, ceux qui partiront avant 63 ans subiront une décote temporaire sur leurs pensions.

Mais de l’autre côté, la CFDT fait de ce sujet un « casus belli » et son secrétaire général Laurent Berger a prévenu qu’il est « hors de question, sous quelque forme que ce soit, de repousser » l’âge légal de départ. Le syndicat réclame en revanche « le maintien du dispositif des carrières longues », qui permet de partir à la retraite avant l’âge légal, et entend « rouvrir le débat sur la pénibilité » afin de renforcer ce « droit à partir plus tôt en retraite » et de l’étendre aux fonctionnaires.

Pension de réversion pour couples pacsés

Le Haut-commissaire évoque aussi la piste d’une pension de réversion pour les couples pacsés. « On ne supprime pas la réversion (…) Mais dans le nouveau système, il faut harmoniser les 13 régimes actuels dont les règles sont hétérogènes », rappelle le Haut-commissaire à la réforme des retraites. Plusieurs pistes ont émergé de la « consultation citoyenne » en ligne lancée au printemps. « On nous reproche de limiter la réversion aux couples mariés, et de ne pas l’étendre au Pacs », indique-t-il.

« Nous voulons une remise à plat car le système actuel est illisible, complexe et inadapté aux évolutions de carrière », a-t-il ajouté. « Notre nouveau système universel répond à un projet de société. Il sera adapté au fait que les Français changent de plus en plus de métier, il comprendra une part de solidarité et il sera équitable », promet le fonctionnaire.