Mobilisation interprofessionnelle: Les combats ne manquent pas pour les syndicats ce mardi

MOBILISATION La réforme des retraites sera l’un des grands thèmes des manifestants lors de la journée de mobilisation interprofessionnelle organisée ce mardi…

Nicolas Raffin

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Manifestation des fonctionnaires le 22 mai 2018, à Paris.
Manifestation des fonctionnaires le 22 mai 2018, à Paris. — ISA HARSIN/SIPA
  • Plusieurs organisations syndicales et étudiantes organisent une manifestation interprofessionnelle ce mardi.
  • L’avenir des retraites, la réforme de la fonction publiques ou encore le chantier de l’assurance-chômage sont autant de raisons de mobiliser selon les organisateurs.
  • Certains syndicats font ouvertement part de leurs doutes sur l’efficacité de leur action.

Et si cette fois, c’était la bonne pour les syndicats ? A l’appel de la CGT, FO, Solidaires, et de plusieurs organisations étudiantes, la mobilisation interprofessionnelle de ce mardi donnera le ton de la rentrée sociale. Les mots d’ordre avaient été définis fin août : les manifestants défileront contre la « destruction du modèle social » et « la casse des droits collectifs ».

« Le nouveau monde promis par Emmanuel Macron, ce n’est rien d’autre que l’accélération des offensives libérales menées depuis des années, juge Frédéric Bodin, secrétaire national de Solidaires. Face à cela, une contre-attaque est nécessaire ». Les chantiers ouverts par l’exécutif et ciblés par les syndicats sont en effet nombreux : réforme de l’assurance-chômage, réforme de la fonction publique, mais aussi avenir des retraites.

Inquiétude sur les retraites

Sur ce dernier point, une grande concertation est en cours, avec notamment l’organisation d’ateliers citoyens pour recueillir toutes les opinions. La présentation d’un projet de loi est prévue pour début 2019. Pour Force Ouvrière, la méthode est fallacieuse. « Le projet du gouvernement, c’est d’uniformiser les régimes de retraite. Cela conduira à une baisse générale du niveau des pensions, explique à 20 Minutes Pascal Pavageau, secrétaire général de FO. Selon nous, la retraite par points va pénaliser les carrières hachées et les travailleurs précaires. »

Une inquiétude à laquelle Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire chargé de la réforme des retraites, s’est montré sensible. « On a besoin d’approfondir toute une série de questions : quelle sera la nature des pensions de réversion ? Comment prend-on en compte la maternité ? Les situations de handicap ? Sur ces sujets, comme sur beaucoup d’autres, le chemin reste à tracer » expliquait-il le mois dernier.

Ces sujets sont d’autant plus sensibles que l’exécutif doit déjà faire face à la grogne des retraités actuels, pas concernés par cette réforme mais échaudés par la baisse de leur pouvoir d’achat. Pour Pascal Pavageau, un tel flou qui n’est plus possible : « il faut que le gouvernement dévoile son projet dès maintenant pour nous prouver qu’il ne conduit pas à une baisse généralisée des droits ». Une réunion multilatérale sur ce dossier est d’ailleurs prévue mercredi avec Agnès Buzyn et l’ensemble des partenaires sociaux.

« Pour l’instant, on n’a pas gagné »

Au-delà de cette réforme, les syndicats veulent aussi faire du 9 octobre le point de départ d’une contestation plus large, qui bouleverse le rapport de force. « On veut prendre date pour permettre à chacun de se rendre compte que les difficultés éprouvées dans le privé, les administrations, ou ailleurs ont une cause commune, poursuit Pascal Pavageau. C’est une forme d’éveil des consciences ».

Ce désir de convergence, déjà exprimé au moment du conflit à la SNCF, peine pourtant à se concrétiser. En juin dernier, la manifestation CGT-FO avait rassemblé environ 2.900 personnes à Paris (15.000 pour les syndicats). « Pour l’instant, on n’a pas gagné, souffle Frédéric Bodin. Très honnêtement vous avez moins de monde dans la rue, mais il faut rester combatif. Même dans la pire des situations, il faut se dire que rien n’est perdu ».