Société générale: «L'attitude de Kerviel était indécelable»

BANQUE C'est ce qu'affirme son supérieur hiérarchique, licencié...

Avec agence

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La hiérarchie de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications qui lui ont fait perdre 4,9 milliards d'euros, a été "défaillante dans la supervision de ses activités", révèle le rapport interne de la banque publié vendredi.
La hiérarchie de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications qui lui ont fait perdre 4,9 milliards d'euros, a été "défaillante dans la supervision de ses activités", révèle le rapport interne de la banque publié vendredi. — Joel Saget AFP/archives

Eric Cordelle, supérieur hiérarchique direct de Jérôme Kerviel, estime que «l'attitude» du trader soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,9 milliards d'euros à la Société Générale était «indécelable», dans un entretien publié ce mercredi sur le Figaro.fr.

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Employé depuis plus de 12 ans au sein de la banque, Eric Cordelle indique avoir «reçu (sa) lettre de licenciement le 23 mai», jour même de la publication d'un audit interne de la banque qui qualifiait de «défaillante» la hiérarchie du trader.

«Je pense avoir fait mon boulot avec les cartes que j'avais. J'ai bien entendu le regret d'avoir accepté ce poste et d'avoir été trompé par ce bonhomme», explique-t-il. «Moi, je suis ingénieur financier. Je ne suis pas trader. Le rôle de l'ingénieur financier est d'inventer des produits structurés et de les mettre en oeuvre», se défend-il, ajoutant qu'il avait uniquement «une expérience de management».

«Il suffit de cliquer un peu plus sur la souris»

«A posteriori, on peut bien sûr penser à mille choses. Sa trésorerie par exemple», reconnaît-il cependant. «Je me souviens d'une conversation informelle début janvier 2008, autour d'un café et d'une cigarette. Je lui ai lancé: “Tiens, tu as vu ta trésorerie?” Il m'a répondu: “Oui, c'est réglé”», raconte l'ingénieur financier.

«On me reproche de ne pas l'avoir interrogé sur la provenance des fonds. Si je l'avais fait, il m'aurait inventé une réponse», poursuit-il. «Pour acheter 1,19 milliard, il suffit de cliquer un peu plus sur la souris que les jours normaux. Les clics de souris, ce n'est pas visible! Il faut bien avoir en tête que tout cela est dématérialisé. Personne n'a rien vu. Ni moi, ni les autres traders», détaille Eric Cordelle.