Pays de la Loire: En quête de candidats, les entreprises viennent «se vendre» chez Pôle Emploi

EMPLOI Dans les Pays de la Loire, la région qui affiche le taux de chômage le plus bas de France, Pôle Emploi se mobilise...

Julie Urbach
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Illustration Pôle Emploi
Illustration Pôle Emploi — CHAMUSSY/SIPA
  • Les employeurs de la région, qui enregistre un taux de chômage de 7,8 %, connaissent désormais des difficultés de recrutement.
  • Jusqu’en octobre, Pôle Emploi invite centres de formation et patrons à venir rencontrer leurs futures recrues directement dans ses agences.

Venir pour un rendez-vous avec son conseiller ou pour retirer un document, et repartir avec un job. C’est ce qui pourrait arriver aux quelque 165.000 demandeurs d’emploi actuellement inscrits à Pôle Emploi en Pays de la Loire, lorsqu’ils se rendent en agence. Jusqu’au mois d’octobre, l’organisme teste une méthode plutôt étonnante pour « rapprocher les candidats et les entreprises ». Plusieurs fois par semaine, il invite les recruteurs ou centres de formation dans ses locaux, pour qu’ils trouvent par eux-mêmes leurs futurs salariés parmi les personnes présentes à ce moment-là.

Il faut dire que dans la région, qui affiche le taux de chômage le plus bas de France (7,8 %), le besoin en main d’oeuvre se fait de plus en plus sentir. « Le territoire est très dynamique, avec 234.000 offres d’emplois en un an, détaille Alain Mauny, directeur de Pôle Emploi. Plusieurs bassins comme les Herbiers (Vendée) ou Ancenis sont en dessous de 5 % de chômage. Beaucoup de métiers sont actuellement en tension, alors que les projets de recrutement pour 2019 ne vont pas s’arrêter. »

« Il faut qu’on donne envie »

A la tête de Atlantic assistance, une société nantaise de ménage de 120 salariés, Damien Moreau a déjà plusieurs fois joué le jeu pour dénicher ses dix futures recrues. Il assure avoir embauché une ou deux personnes à chaque fois grâce à ces jobs dating improvisés au Pôle Emploi Nantes Sainte-Luce. « Il faut que l’on se vende, qu’on donne envie, raconte le chef d’entreprise. On essaye de lever la méconnaissance du métier, comme le fait qu’il n’y a que du temps partiel. Moi je propose des contrats de 35h, et finalement, les gens se disent, pourquoi pas ? »

Alors que 23.000 offres d’emploi sont actuellement dans les fichiers régionaux de Pôle Emploi, environ 500 événements vont être organisés pour « tenter de mieux faire matcher offres d’emploi et candidats », résume Mylène Hermant, directrice de l’agence Nantes Sainte-Luce. La semaine prochaine, les secteurs de la logistique, du bâtiment ou encore de la propreté enverront leurs ambassadeurs dans diverses agences du territoire. L’ entreprise LU et diverses agences d’interim sont aussi attendues pour tenter de séduire les candidats.

Ouvrir son champ de recrutement

Pour se développer, les entreprises semblent aussi prêtes à faire des concessions. « On leur fait comprendre qu’il faut qu’elles ouvrent leur champ de recrutement, assure Alain Mauny. Dans le numérique par exemple, on les incite à baisser le niveau de qualification requis. Elles veulent des bac + 4, on peut leur proposer des bac + 2 avec les compétences adéquates ».

D’ailleurs, la méthode par simulation prend de plus en plus d’ampleur dans la région (1.500 embauches par ce biais par an). Un nouveau programme vient aussi d’être lancé en Pays de la Loire, qui propose aux demandeurs d’emploi d’être rémunérés à 80 % du Smic pour suivre une formation (800 heures maximum) et prétendre ensuite à un CDD dans l’entreprise concernée.