Amazon accusé de «pratiques commerciales trompeuses» par l'association Les Amis de la Terre

EN LIGNE L'association dénonce la destruction de produits en état de marche retournés par les clients...

20 Minutes avec AFP

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Le site Amazon de Lauwin-Planque en 2015.
Le site Amazon de Lauwin-Planque en 2015. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Amazon ne respecterait pas le droit français ? Les Amis de la Terre ont annoncé ce lundi avoir déposé un dossier auprès de la Répression des fraudes (DGCCRF) à propos de « pratiques commerciales trompeuses » de l’entreprise de livraison de colis.

C’est un reportage à la télévision allemande qui a alerté l’association. On y voyait des produits de toutes sortes retournés par les clients à cause d’un léger défaut, immédiatement détruits par les employés. Un comportement inadmissible pour l’association.

Prise en charge des déchets

« En cas de défectuosité d’un produit acheté en vente directe, Amazon.fr renvoie le consommateur vers le fabricant, alors que la loi lui impose de prendre en charge la garantie directement », expliquent Les Amis de la Terre. L’association affirme que le système de reprise des déchets électriques et électroniques imposé par le Code de l’environnement « est tout simplement inexistant ».

Or le gouvernement a annoncé ce printemps, dans le cadre de sa feuille de route sur l’économie circulaire, qu’il favoriserait des pratiques telles que le réemploi et le recyclage, en prônant la lutte contre les déchets. Début juillet, Brune Poirson, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, a annoncé le lancement d’un « indice de réparabilité » des produits, qui sera effectif au 1er janvier 2020.

Vendeurs injoignables et sociétés-écrans

Les Amis de la Terre, qui dénoncent « l’impact dramatique sur les ressources et le climat de la guerre des prix » menée par Amazon, demandent par conséquent au gouvernement « de faire cesser les infractions constatées et d’imposer la réparation et la non-destruction des biens par la vente en ligne, au niveau européen ».

Autre grief dénoncé par Les Amis de la Terre : le géant américain du commerce en ligne « n’informe pas correctement les consommateurs » sur la provenance des produits vendus sur son site : la société étant devenue une importante place de marché - c’est-à-dire qu’elle héberge sur son site des vendeurs tiers - ses produits « ne sont pas distingués » de ceux qu’elle vend directement, estime Alma Dufour, chargée de campagne de l’association.

Amazon se protège derrière ce « rôle d’intermédiaire » afin d’être dégagée « de toute responsabilité envers les consommateurs français, ceux-ci se retrouvant alors confrontés à des vendeurs injoignables ou des sociétés-écrans, voyant leur droit à la garantie légale bafoué », ajoutent les Amis de la Terre. Si la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ne constate pas le délit, « nous saisirons le procureur de la République », a ajouté la militante à l’AFP.