Le ministère de l'Economie et des Finances, le 3 août 2015
Le ministère de l'Economie et des Finances, le 3 août 2015 — KENZO TRIBOUILLARD AFP

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Fonctionnaires en moins, hausse du déficit et baisses d’impôts… Ce que contient le budget 2019

Le Projet de loi de finances 2019 (PLF) est déjà sous le feu des critiques, après sa présentation ce lundi en Conseil des ministres...

Le gouvernement a présenté ce lundi son budget pour l’année 2019. Le Projet de loi de Finances (PLF), deuxième budget du quinquennat Macron, oscillera entre baisses d’impôts et coupes budgétaires. Face aux critiques qui se sont déjà élevées, le gouvernement a défendu la cohérence de son budget.

Le PLF 2019 se traduira ainsi selon Bercy par un allégement d’impôts de six milliards d’euros pour les ménages, malgré des hausses de taxes sur les carburants et le tabac, évaluées au total à 2,3 milliards d’euros. Ce geste fiscal, reposant principalement sur une nouvelle baisse de la taxe d’habitation et la suppression des cotisations sur les heures supplémentaires, constitue « la plus grande baisse d’impôts pour les ménages depuis 2008 », a insisté le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin.

18,8 milliards d’euros de baisses d’impôts pour les entreprises

Les entreprises bénéficieront quant à elles d’une nouvelle baisse de l’impôt sur les sociétés (IS) et de la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisses de charges, soit une réduction d’impôt totale de 18,8 milliards d’euros.

La présentation du projet de loi de finances 2019 survient à un moment compliqué pour le gouvernement, confronté à des critiques persistantes sur la question du pouvoir d’achat, mais aussi à un tassement de la croissance, qui a plafonné à 0,2 % au premier comme au deuxième trimestre 2018.

Année difficile pour les caisses de l’Etat

Il a fallu prendre en compte ce plafonnement du PIB à 1,7 % pour l’année 2018 mais aussi la mise en place de la réforme du CICE, qui représente une facture de 40 milliards d’euros pour les caisses de l’Etat. Pour réussir ce numéro d’équilibriste, Bercy a dû se résoudre à procéder à un tour de vis sur les dépenses.

Le projet de loi de finances comprendra ainsi un quasi gel des pensions de retraite, des allocations familiales et des aides personnalisées au logement, qui ne seront revalorisées que de 0,3 % alors que l’inflation est attendue à 1,3 %. De quoi économiser près de trois milliards d’euros.

Des efforts dans la fonction publique

Des efforts seront également demandés aux chambres de commerce et d’industrie, à l’audiovisuel public et l’administration fiscale. La politique de l’emploi, enfin, sera mise à contribution avec une baisse de crédits de 2,1 milliards d’euros, qui passera notamment par une réduction du nombre de contrats aidés.

Côté fonction publique, cette cure d’amaigrissement se traduira par la suppression de 4.164 postes sur le périmètre de l’État, sur un total de 50.000 prévus d’ici à 2022. Les ministères les plus touchés seront les Comptes publics (2.000 postes) et l’Éducation nationale (1.800). Malgré ces différents obstacles, « le cap » de réduction du déficit public sera « tenu », a assuré Bruno Le Maire. Selon Bercy, il s'établira ainsi à 2,8% du PIB, un chiffre en hausse de 0,4 point par rapport à la dernière prévision du gouvernement (2,4 %) mais inférieur aux 3 % exigés par Bruxelles.

« L’objectif à long terme de ce budget, c’est de construire une nouvelle prospérité française, qui doit bénéficier à tous les Français et à tous les territoires », a assuré le ministre des Finances Bruno Le Maire. L’opposition a dénoncé ce lundi une « opération de communication » ou un « tour de passe-passe ». Ce que l’exécutif « donne d’une main, en réalité il le reprend d’une autre », a estimé sur Public Sénat le premier secrétaire du PS Olivier Faure. Avant de rappeler que l’Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE) avait évalué à 3,5 milliards d’euros - et non à 6 milliards d’euros - le gain de pouvoir d’achat prévu pour les ménages l’an prochain.