Le site de vente de pièces auto Oscaro.com est-il en faillite?

FAKE OFF Une rumeur virale affirme que le site spécialisé Oscaro.com est en dépôt de bilan, ce que dément l'entreprise...

Alexis Orsini

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Le logo de l'entreprise Oscaro.
Le logo de l'entreprise Oscaro. — capture d'écran
  • Le site Oscaro.com, spécialisé dans la vente en ligne de pièces automobiles, est accusé d'être en faillite par une rumeur virale.
  • Celle-ci circule depuis novembre 2017 sous différentes formes, alors qu'Oscaro vient d'annoncer une augmentation de capital de 30 millions d'euros.
  • L'entreprise affirme à 20 Minutes « être loin d'être en faillite » et accuse ses concurrents de véhiculer ces rumeurs négatives.

« ATTENTION Le site Oscaro.com est en dépôt de bilan !! Ils encaissent l’argent mais ne livrent plus les pièces ! Faites tourner » Depuis sa publication, le 18 septembre, sur la page Facebook « Flat & Fast » – qui s’adresse aux « passionnés de l’automobile » –, ce post a été partagé plus de 20.000 fois.

L’entreprise française spécialisée dans la vente en ligne de pièces automobiles est-elle vraiment sur le point de faire faillite, comme l’affirme cette rumeur particulièrement virale ? Elle s’en défend, sur les réseaux sociaux, comme auprès de 20 Minutes, alors qu’elle vient d’annoncer une augmentation de capital de 30 millions d’euros de la part d’un « partenaire industriel » resté secret – mais que les spécialistes pensent avoir identifié comme étant Autodis Group

FAKE OFF

La rumeur est particulièrement tenace : on en trouve trace dès novembre 2017 sur le forum de l’association de défense des consommateurs Que choisir. Un(e) internaute qui se présente comme garagiste y affirme, dans un sujet intitulé « Oscaro en faillite ne rembourse plus ses clients » : « On a habitude de commander de la pièce [sur] Oscaro et là, depuis des semaines, plus de stock, même si les produits sont sur le site, on n’arrive plus à se faire rembourser […] Les commerciaux qui passent au garage sont bavards, Oscaro ne paye plus les fournisseurs et ils ne livrent plus. »

Depuis la publication de ce message – qui se conclut par une incitation à « fuir » le site -, la supposée faillite d’Oscaro est régulièrement évoquée sur le web, notamment dans les commentaires mécontents de clients qui déplorent un remboursement tardif ou une livraison de pièce(s) toujours en attente. Ou encore dans des articles du site spécialisé En-Contact évoquant les dettes conséquentes d’Oscaro vis-à-vis de certains fournisseurs.

Contacté par 20 Minutes, Denis Jacquet, entrepreneur et vice-président du conseil de surveillance d’Oscaro, nous indiquait ce matin : « Nous avons notre [assemblée générale] cet après-midi et le redressement judiciaire n’est pas à l’ordre du jour de celle-ci. »

Au sortir de l’assemblée générale en question, il nous précisait : « Oscaro est loin d’être en faillite, et la société est toujours en croissance. Pierre-Noël Luiggi [président et fondateur d’Oscaro] doit intervenir sur ce même sujet ce soir sur BFM-TV, après s’être déjà confié aux Echos. »

Le 18 septembre, le quotidien économique évoquait en effet les derniers résultats de l’entreprise : « Le dirigeant annonce pour le premier semestre 2018 un chiffre d'affaires de 162 millions d'euros (hors taxe) et, surtout, un excédent brut d'exploitation (Ebitda) positif de 3,8 millions. […] Le cybermarchand repasse dans le vert. En 2017, il avait enregistré un Ebitda négatif de 8 millions, après deux années positives aux alentours des 10 millions. »

La société d’assurance-crédit Coface nous indique en outre : « Du fait des difficultés qu’Oscaro rencontre, nous faisons régulièrement le point avec sa direction financière pour suivre son évolution. »

Pas de procédure de liquidation connue

Si Pierre-Noël Luiggi n’a pas donné suite à nos sollicitations, son entreprise prend soin d’adresser la même réponse à tous les clients qui relayent la rumeur sur les réseaux sociaux : « Oscaro n’est pas du tout en faillite. Il s’agit d’une Fake News infondée. » Ou encore sur Facebook : « Cette information relayée sur les réseaux sociaux est fausse. Il ne faut pas croire tout ce qui se dit sur ces derniers. »

Sur InfoGreffe, la base de données regroupant les informations légales sur les entreprises, la demande « d’informations relatives à l’existence éventuelle d’une procédure de sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire » formulée par 20 Minutes montre toutefois, avec certification du greffier du Tribunal de commerce de Paris, qu’aucune procédure de ce genre n’a été enregistrée « sous réserve de toute procédure collective ouverte par une autre juridiction et non portée à la connaissance du greffe ».

Les informations d'InfoGreffe sur Oscaro.com
Les informations d'InfoGreffe sur Oscaro.com - capture d'écran

Denis Jacquet dénonce pour sa part des manœuvres pratiquées par les concurrents d’Oscaro : « [La faillite d’Oscaro] est une rumeur alimentée par certains concurrents qui ont tout intérêt à entretenir ces bruits négatifs pour affaiblir la société et ainsi en tirer profit en tentant de la racheter à bas prix ».

Quant aux nombreuses protestations de clients sur les retards de remboursement ou de livraison par Oscaro, l’entrepreneur y voit un phénomène courant : « Sur Internet, même des grandes entreprises comme Amazon ou Sarenza sont visées par ce genre de commentaires : quand vos clients se comptent en centaines de milliers, vous avez forcément des avis négatifs sur des retards de livraison. Si Oscaro avait des problèmes avec les fournisseurs, ils arrêteraient tout simplement de le fournir. »