Faux sites administratifs: Quels réflexes adopter pour éviter les arnaques?

CONSOMMATION Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), environ un million de personnes sont victimes chaque année de pratiques frauduleuses... 

H.S.

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Capture d'écran du site officiel service-public.fr.
Capture d'écran du site officiel service-public.fr. — service-public.fr
  • Le gouvernement lance ce lundi une campagne de mise en garde aux faux sites administratifs.
  • La DGCCRF évalue le préjudice lié aux faux sites administratifs à « au moins 150 millions d’euros ».

Un bandeau bleu-blanc-rouge, le profil de Marianne et une ergonomie simple, lisible. A première vue, difficile de déceler l’arnaque. Pourtant les faux sites administratifs se portent bien. Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), un million de personnes seraient victimes chaque année de ces pratiques frauduleuses pour un préjudice total d’au moins 150 millions d’euros.

En France, demander l’extrait de son casier judiciaire, d’un acte de naissance ou se procurer une vignette Crit’Air pour son véhicule sont des démarches gratuites. Or, de nombreux faux sites facturent illégalement et discrètement les internautes. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement a lancé ce lundi une campagne de prévention. Bonnes pratiques, recours disponibles, 20 Minutes vous aide à y voir plus clair.

  • Comment repérer les arnaques ?

La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Delphine Gény-Stephann le reconnaît : « L’habileté de ces sites frauduleux à se déguiser est impressionnante. Ils affichent souvent les signes de la République française, l’ergonomie de la plateforme est agréable ». Premier réflexe à adopter si on doute de la fiabilité du site : « Vérifier l’URL, l’adresse du site en question. Les sites officiels se terminent exclusivement par gouv.fr ou. fr. Or, les faux sites ont tendance à mélanger ces terminologies avec du. org ou du. gouv.com », détaille la ministre.

Autre comportement à adopter : prendre le temps d’analyser les résultats sur les moteurs de recherche. « Ces sites n’hésitent pas à investir des sommes importantes pour sortir en tête de liste des moteurs de recherche. Certains sont sponsorisés, cela signifie qu’il y a derrière une volonté commerciale », poursuit Delphine Gény-Stephann.

Dernier conseil simple à appliquer lorsqu’on souhaite se lancer dans une démarche administrative en ligne : se rendre sur le site officiel service-public.frNavire amiral des pouvoirs publics, ce site met à disposition des informations complètes sur les démarches, notamment sur leur gratuité, et peut renvoyer les internautes vers des plateformes dédiées. Vérifier les CGU (conditions générales d’utilisation) et les mentions légales du site peut également s’avérer utile.

  • Quels recours existent ?

« Beaucoup de victimes ne portent pas plainte, soit parce que les montants extorqués par les plateformes ne sont pas très importants, soit parce que l’internaute ne s’est pas rendu compte de la fraude», déplore la secrétaire d’Etat. Dans certains cas, les sites acceptent de rembourser les faibles montants extorqués, soucieux d'éviter d'éventuelles poursuites. Pour identifier, neutraliser ces faux sites et mesurer l’ampleur du phénomène, la plainte et le signalement restent les recours les plus efficaces. Les internautes peuvent se tourner à la fois vers la plateforme du ministère de l’Intérieur, Pharos, et vers le site de la DGCCRF qui dispose d’une équipe dédiée et d’un centre de surveillance.