Bordeaux: 20% du célèbre château Petrus racheté par un milliardaire colombien

VIN Le milliardaire américain d'origine colombienne Alejandro Santo Domingo a acquis 20 % du célèbre domaine viticole de Pomerol en Gironde...

M.B. avec AFP

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Caisse de château petrus entreposée chez Bordeaux City Bond
Caisse de château petrus entreposée chez Bordeaux City Bond — M.Bosredon/20Minutes
  • A 87 millions d'euros l'hectare, il s'agirait de la transaction la plus chère de l'histoire mais son montant n'a pas été confirmé par la famille Moueix, propriétaire.
  • Des transactions très importantes avaient aussi été enregistrées en Bourgogne.
  • Cela va avoir des répercussions sur les prix des vins.

Tempête dans le milieu viticole bordelais. Le milliardaire américain d’origine colombienne Alejandro Santo Domingo a acquis 20 % du capital du célèbre Petrus à Pomerol (Gironde), un domaine viticole appartenant à la famille de Jean-François Moueix, a-t-on confirmé vendredi dans l’entourage de ce dernier.

« Les deux familles se connaissent depuis longtemps. Cette transaction financière donne à tous l’opportunité de faire des investissements dans d’autres vignobles européens. C’est un partenariat pour du très long terme », a expliqué un proche de la famille, sans préciser le montant de l’opération réalisée il y a plus d’un an, mais révélée seulement ces jours-ci par La Revue du Vin de France et Les Echos.

Petrus, le domaine le plus cher au monde ?

L’acquéreur aurait déboursé 200 millions d’euros pour cet achat, soit 87 millions à l’hectare. Le célèbre domaine, situé près de Saint-Emilion et formant un ensemble de 11,5 hectares, serait ainsi valorisé à plus d’un milliard d’euros, selon le quotidien Les Echos. « C’est la transaction à l’hectare la plus chère de l’histoire qui se serait opérée », a estimé la Revue du vin de France (RVF). Petrus serait donc le domaine le plus cher au monde…

Mais, « le chiffre est inexact, a précisé l’entourage des Moueix. Il n’a pas été donné par la famille, qui ne souhaite pas faire de commentaire. »

L’acquéreur, considéré comme la 499e fortune mondiale selon Forbes, est notamment actionnaire du leader mondial de la bière belgo-brésilien AB InBev, qui a racheté son concurrent britannico-sud-africain SABMiller en 2016.

« Cette logique de monter les enchères semble se confirmer »

La famille de Jean-François Moueix possède Petrus, qui produit quelque 30.000 bouteilles par an, ainsi que le groupe Duclot, négociant de grands vins à Bordeaux depuis 1886.

Pour le directeur de la Wine & Spirits Academy de Kedge à Bordeaux, Jérémy Cukierman, « cette logique de monter les enchères semble malheureusement se confirmer ». « Des transactions aussi imposantes récemment ont été plus courantes en Bourgogne avec le Clos de Tart et le domaine du Martray, qui s’élevaient à plusieurs centaines de millions d’euros », a-t-il ajouté.

« Ces transactions (…) deviennent une forme de standard et donc sont un peu la référence pour les transactions suivantes et cela a des répercussions sur les droits de succession et les prix des vins », a-t-il développé, s’inquiétant de ces « effets collatéraux ».

Acheter une part d’une exploitation viticole est « plus étonnant »

Les frais de transaction peuvent être si élevés que les enfants de vignerons souhaitant reprendre l’exploitation n’en ont pas les moyens, contrairement à certains industriels et riches entrepreneurs.

Dans le cas de Petrus, 20 % du domaine ont été vendus et non sa totalité. Acheter une part d’une exploitation viticole est « plus étonnant », selon Jérémy Cukierman. « Les transactions sur une partie du patrimoine ont plutôt pour vocation de recapitaliser des entreprises en difficulté et en revanche, on parle plutôt d’une famille n’ayant pas de soucis particuliers et de besoin de recapitalisation », a-t-il estimé.

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