Emploi: L'absentéisme en hausse chez les salariés du privé en 2017

ECOLE BUISSONIERE Pour une durée moyenne d’absence de 17,2 jours par an et par salarié...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un open space
Illustration d'un open space — CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP

Les salariés du privé on un peu plus séché le bureau en 2017. Le taux d’absence s’est élevé en moyenne à 4,72 % en 2017, en hausse par rapport à 2016 (4,59 %), l’absentéisme étant plus marqué chez les femmes et les plus de 55 ans, selon le dixième baromètre du groupe de conseil Ayming, publié ce jeudi.

Ce taux, qui correspond à une durée moyenne d’absence de 17,2 jours par an et par salarié, s’accompagne de disparités significatives entre les hommes et les femmes, selon cette étude portant sur une base de 46.540 entreprises (plus de 1,8 million de salariés).

Les femmes « moins reposées, davantage exposées »

L’absentéisme a atteint 5,30 % chez les femmes en 2017 pour seulement 3,54 % chez les hommes. La faute aux postes qu’elles occupent, « générateurs de problèmes de santé plus importants (troubles musculosquelettiques) », selon la synthèse de cette étude.

« De plus, en dépit des évolutions sociétales, les femmes gèrent toujours plus de charges domestiques », souligne le baromètre, qui relève également qu’elles sont « plus en situation monoparentale que les hommes ». Les femmes étant « moins reposées, davantage exposées », « leur santé est fragilisée et leur guérison plus difficile », résument les rédacteurs de la synthèse.

L’autre grande disparité entre salariés relève de l’âge : le taux d’absentéisme des plus de 55 ans s’est établi à 7,11 % en 2017.

Les secteurs de la santé et du commerce plus touchés

« Non tant en raison de la fréquence de leurs absences que de la longueur de leurs arrêts de travail », expliquent les auteurs de l’enquête, qui signalent que 45 % de leurs absences correspondent à « plus d’un mois d’arrêt consécutif ». « Les aînés sont plus vieux au travail qu’il y a 20 ans », donc « plus fragiles », concluent-ils.

Le taux d’absence varie également significativement d’un secteur à l’autre. Il est particulièrement élevé - et en augmentation - dans ceux de la santé (5,31 % contre 5,04 % en 2016) et du commerce (4,86 % contre 4,30 % en 2016), mais reflue dans les services (4,84 % contre 5,48 %).

« Par région, les disparités demeurent importantes », remarquent aussi les rédacteurs de l’étude. L’absentéisme est ainsi en forte hausse en Corse (6,99, en Normandie (4,90 %), dans le Grand-Est (5,06 %) et en Occitanie (5,50 %). « Ces régions présentent des taux de chômage élevés et la crainte de ne pas retrouver un emploi freine les salariés à partir d’un emploi insatisfaisant », analyse le baromètre avant de rappeler que « l’insatisfaction d’un poste augmente l’absentéisme ».

L’enquête prend en compte les arrêts pour maladie, accidents de travail, accidents de trajet et maladies professionnelles mais pas les congés maternité et paternité.

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