Prélèvera? Prélèvera pas? La confusion s'installe autour de l'impôt à la source

IMPOTS L'Elysée semble hésiter à mettre en place le prélèvement à la source dès janvier 2019 comme il était prévu...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron. — Jacques Witt/SIPA
  • Le prélèvement à la source en France verra-t-il le jour en janvier 2019 comme prévu?
  • L'exécutif semble finalement hésiter.

Le prélèvement à la source en France verra-t-il le jour en janvier 2019 comme prévu ? Le doute s’installe après une série d’informations contradictoires ces derniers jours, évoquant ici des barrières psychologiques, là des erreurs lors de tests, au moment où l’Elysée semble hésiter.

« Le dispositif technique fonctionne, il est prêt ! », a assuré samedi soir sur Twitter Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, chargé de la mise en œuvre de cette réforme.

Des erreurs corrigées?

Une déclaration intervenue après un article du Parisien qui affirme avoir consulté une note confidentielle du fisc. Selon le quotidien, elle révèle que la phase d’essai du prélèvement à la source, testé auprès de certaines entreprises, s’est soldée par des centaines de milliers d’erreurs.

Le nombre d’erreurs est extrêmement irrégulier d’un mois à l’autre : elles sont par exemple inexistantes en janvier, avant de culminer à plus de 300.000 le mois suivant. Sont également évoqués le prélèvement à de multiples reprises de l’impôt auprès d’une même personne, ou le prélèvement par erreur à un homonyme.

Prudence au sein du gouvernement

Mais du côté des autres membres du gouvernement, c’est surtout la prudence qui dominait dimanche au moment d’évoquer ce dossier qui menace d’ajouter un nouveau couac à la rentrée déjà mouvementée de l’exécutif.

Interrogé sur BFM TV, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a estimé que « rien ne justifierait de repousser » l’entrée en vigueur de la mesure, à condition toutefois que « toutes les garanties techniques (puissent) être apportées à 100 % par le ministre des Comptes publics et son administration ». M. Le Maire a par ailleurs évité à plusieurs reprises de dire si le dispositif pourrait être lancé comme prévu en janvier.

Même son de cloche de la part du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux : il a déclaré que la mesure serait mise en œuvre en janvier 2019 « si nous avons techniquement toutes les assurances pour les Français », se gardant bien de dire si tel est le cas aujourd’hui ou non.

Une réunion décisive mardi

Une réunion entre Emmanuel Macron et Gérald Darmanin est programmée mardi à l’Elysée sur la question. Samedi, Darmanin avait laissé entendre que les débats au sein de l’exécutif portaient sur les conséquences psychologiques de la réforme : « Est ce que techniquement on est prêt ? Oui on est prêt. Est ce que psychologiquement les Français sont prêts ? C’est une question à laquelle collectivement nous devons répondre », avait-il expliqué.

L’ancien secrétaire d’Etat en charge du Budget Christian Eckert juge, lui, que les hésitations de l’exécutif sont de nature politique. « Il y aurait maintenant des problèmes techniques ? Je n’y crois pas une seconde (…) Sinon la DGFiP (direction générale des finances publiques NDLR) aurait, depuis longtemps, alerté sur d’éventuelles difficultés (…) Toute cette histoire n’est donc qu’une affaire politique », estime l’ancien ministre de François Hollande dans une interview publiée samedi par Libération.